Depuis plusieurs décennies, la diaspora maghrébine au Canada et aux États-Unis s’est transformée en un acteur incontournable de la citoyenneté mondiale. Ces communautés, nées de l’émigration économique ou réfugiées politiques, portent aujourd’hui une vision renouvelée des droits fondamentaux qui transcende les frontières nationales.
Une identité plurielle revendiquée
À Montréal, Ottawa, Toronto ou encore Los Angeles, des milliers de familles d’origine marocaine, algérienne et tunisienne ont construit des vies ancrées dans deux cultures. Loin d’être une source de tension, cette double appartenance est désormais revendiquée comme une richesse.
« Nous sommes Canadiens et Marocains, et ces deux identités se nourrissent mutuellement », explique Samira Benali, coordinatrice d’une association de droits humains à Montréal. « Nous portons avec nous les leçons de nos pays d’origine tout en nous engageant pleinement dans la société canadienne. »
Un engagement civique renforcé
Les études récentes montrent que les Maghrébins de la diaspora s’impliquent de manière croissante dans la vie civique de leurs pays d’accueil. Au Canada, leur taux de participation aux élections fédérales a augmenté de 15 % entre 2019 et 2025.
Cette participation ne se limite pas au vote. Des organisations comme le Réseau des associations maghrébines du Canada (RAMC) lobbient activement pour que les droits des migrants soient inscrits dans les accords bilatéraux entre le Canada et les pays du Maghreb.
Vers une citoyenneté mondiale
La génération montante de la diaspora pousse encore plus loin cette réflexion. Pour ces jeunes Canadiens d’origine maghrébine, la citoyenneté ne se définit plus uniquement par un passeport, mais par un engagement envers des valeurs universelles : justice sociale, droits humains, solidarité internationale.
Ils sont nombreux à s’engager dans des organisations internationales, à participer à des forums onusiens, et à porter la voix des sans-voix — qu’ils vivent à Montréal ou à Casablanca.