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Entreprendre au Maroc depuis l'étranger : le parcours du combattant des entrepreneurs MRE

Registre de commerce, foncier, comptes bancaires bloqués : de nombreux Marocains du monde qui veulent investir au pays se heurtent à une administration lente et cloisonnée — et à la corruption qui continue de décourager les investisseurs.

Entreprendre au Maroc depuis l'étranger : le parcours du combattant des entrepreneurs MRE

Ouvrir un restaurant à Agadir, lancer une startup agro-alimentaire près de Meknès, reprendre le commerce familial à Tanger : chaque année, des milliers de Marocains du monde tentent de concrétiser un projet d’affaires au pays. Beaucoup en ressortent épuisés — non par le marché, mais par l’administration.

Un parcours semé d’obstacles

Les porteurs de projets MRE décrivent un scénario récurrent : des délais d’immatriculation qui s’étirent sur plusieurs mois au lieu des quelques semaines annoncées, des guichets qui se renvoient la balle, des documents contradictoires d’une administration à l’autre. Selon une enquête de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger menée en 2025, 68 % des porteurs de projets MRE citent la lenteur administrative comme premier frein à l’investissement, devant l’accès au financement (54 %) et la fiscalité (41 %).

Trois points de friction reviennent systématiquement : le foncier, où les procédures d’immatriculation peuvent traîner des années en cas de succession ou d’indivision familiale ; les comptes bancaires professionnels, dont l’ouverture exige des justificatifs souvent incompatibles avec le statut de non-résident ; et la double fiscalité, mal comprise autant par les agents locaux que par les entrepreneurs eux-mêmes.

Des dispositifs qui existent, mais restent méconnus

Le Maroc n’est pourtant pas dépourvu d’outils : le programme MDM Invest prévoit une subvention pouvant atteindre 10 % du montant investi, et les Centres régionaux d’investissement (CRI), réformés en 2019 pour devenir des guichets uniques, promettent un traitement en 48 heures pour les dossiers simples. Le problème n’est pas l’absence de dispositifs, mais leur lisibilité et leur application inégale d’une région à l’autre.

Les pistes de solution

Un référent MRE unique dans chaque CRI, formé aux spécificités des non-résidents ; un portail numérique de suivi de dossier, sur le modèle du passeport biométrique consulaire ; une convention bancaire simplifiée avec des critères KYC adaptés au statut de non-résident ; un médiateur dédié aux investisseurs MRE, rattaché à l’AMDIE, habilité à débloquer les dossiers enlisés entre plusieurs administrations.

Mais au-delà de ces ajustements techniques, un chantier reste prioritaire : la lutte contre la corruption, qui continue de gangrener l’administration et de décourager les investisseurs — MRE ou non. Sans ce combat de fond, les meilleurs guichets uniques resteront des façades.

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