Le destin a tranché : la France a battu le Paraguay, et c’est donc bien elle qui se dresse sur la route des Lions de l’Atlas en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Quatre ans après la demi-finale de Doha, perdue 2-0 un soir de décembre 2022, le Maroc retrouve les Bleus. Même affiche, autre époque — et surtout, un autre Maroc.
2022–2026 : ce qui a changé
En 2022, le Maroc arrivait en demi-finale porté par une épopée que personne n’avait vue venir. En 2026, il arrive en quart en habitué des grands rendez-vous : premier pays africain à atteindre deux quarts de finale consécutifs, co-leader d’un groupe avec le Brésil, tombeur des Pays-Bas puis du Canada (3-0). L’équipe de Mohamed Ouhabi ne surprend plus — elle s’impose.
Azzedine Ounahi, révélation muette de 2022, est devenu buteur décisif avec son doublé contre le Canada. Achraf Hakimi distribue, Brahim Diaz accélère, et Yassine Bounou, l’enfant de Montréal, reste ce mur qui donne des cauchemars aux attaquants. Le bloc défensif marocain n’a encaissé qu’un seul but dans ce Mondial.
Forces en présence
Le Maroc selon plusieurs analystes et anciens joueurs de renom, s’appuie sur ce qu’il fait de mieux : un bloc compact difficile à manœuvrer, des transitions fulgurantes sur les couloirs, et une sérénité mentale forgée dans les grands matchs. Sa limite est connue : une profondeur de banc encore courte à ce niveau, où chaque blessure ou suspension pèse lourd face aux effectifs pléthoriques des grandes nations.
La France, elle, aligne une armada offensive parmi les plus impressionnantes du tournoi et une expérience du très haut niveau que peu de sélections peuvent revendiquer. Mais les Bleus ont montré des signes de fébrilité défensive sur coups de pied arrêtés, et l’enchaînement des matchs à haute intensité commence à peser sur certains cadres.
Les pronostics ? Tous pour la France. Comme en 2022.
Soyons honnêtes, comme toujours : les bookmakers et la plupart des observateurs donnent la France largement favorite. Sur le papier, ils ont raison. Mais le papier, les Lions de l’Atlas en font des confettis depuis 2022. Cette année-là aussi, personne ne voyait le Maroc éliminer la Belgique, l’Espagne et le Portugal. Sous-estimer cette équipe est devenu l’erreur la plus répétée du football mondial — et la plus chère payée.
Le vertige des Marocains de France
Après le cœur partagé des Maroco-Canadiens en huitièmes, c’est au tour de la plus grande diaspora marocaine du monde de vivre son grand vertige. À Paris, Lille, Marseille ou Lyon, des centaines de milliers de familles porteront deux pays dans un seul cœur. Elles connaissent déjà ce sentiment : 2022 le leur a appris. Et elles savent que quel que soit le vainqueur, on ne divise pas son cœur — on l’agrandit.
Rendez-vous avec l’histoire
Une revanche ne se promet pas, elle se joue. Le Maroc n’a plus rien à prouver, mais tout à conquérir. Et des deux côtés de la Méditerranée, des deux rives de l’Atlantique, une même clameur montera au coup d’envoi : ديما مغرب 🦁🇲🇦
jisr.media — un pont entre les deux rives · جسر بين الضفتين