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Ali Lmrabet, journaliste marocain d'Espagne, interpellé à Tanger — le CDH exige des explications

Le journaliste indépendant marocain Ali Lmrabet, correspondant du quotidien espagnol El Mundo installé en Espagne depuis plus de vingt ans, a été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Tanger. Le Centre des droits de l'Homme en Amérique du Nord (CDH) exige la divulgation immédiate des motifs de sa détention.

Ali Lmrabet, journaliste marocain d'Espagne, interpellé à Tanger — le CDH exige des explications

Le journaliste marocain indépendant Ali Lmrabet a été interpellé ce 12 juillet à son arrivée à l’aéroport de Tanger, sur un vol en provenance de Barcelone, selon des informations confirmées par son épouse, Laura Feliú, à l’agence de presse espagnole EFE. M. Lmrabet aurait été conduit vers un poste de la sûreté nationale, sans qu’aucun motif officiel n’ait, à ce stade, été communiqué.

Un journaliste-MRE, entre les deux rives

Installé en Espagne depuis plus de deux décennies, Ali Lmrabet est de longue date correspondant du quotidien espagnol El Mundo pour le Maghreb. Né en 1959 près d’Al-Hoceima, il a fondé en 2000 l’hebdomadaire satirique Demain, puis son équivalent arabophone Douman, avant d’être condamné en 2003 à quatre ans de prison pour « atteinte à la sacralité du Roi », puis interdit d’exercer le journalisme pendant dix ans en 2005. Reporters sans frontières l’a nommé en 2014 parmi les « 100 héros de l’information » dans le monde.

Son parcours — celui d’un Marocain contraint à l’exil professionnel, continuant d’informer sur son pays depuis l’autre rive de la Méditerranée — résonne directement avec la réalité de millions de Marocains du monde : rester lié à son pays d’origine tout en construisant sa vie, et parfois en défendant sa liberté d’expression, ailleurs.

Le CDH exige des explications

Dans un communiqué diffusé le 12 juillet depuis New York, le Centre des droits de l’Homme en Amérique du Nord (CDH) dit suivre « avec une vive inquiétude » les informations relatives à cette interpellation. L’organisation rappelle qu’aucune donnée officielle claire n’est disponible sur les motifs de la détention ou son fondement juridique.

Le CDH insiste sur un principe : la critique de responsables publics ou d’institutions ne saurait justifier une arrestation. « Les institutions publiques et leurs responsables sont, de par la nature de leurs fonctions, soumis à la critique et à la reddition de comptes », souligne le communiqué, ajoutant que les appareils sécuritaires de l’État ne doivent pas servir à protéger des individus d’une critique légitime, ni à régler des différends personnels ou professionnels.

Ce que demande le CDH

Le communiqué formule quatre demandes précises aux autorités marocaines :

  • la divulgation immédiate des motifs de l’interpellation et de son fondement légal ;
  • l’accès de M. Lmrabet à sa famille et à un avocat ;
  • sa libération immédiate si la détention est liée exclusivement à son travail journalistique ou à l’exercice pacifique de sa liberté d’expression ;
  • la garantie qu’il ne subisse aucun traitement dégradant ni aucune forme de pression ou de représailles.

« Le retour de tout citoyen dans son pays ne doit jamais devenir un moment de peur ou de sanction », conclut le CDH. « La liberté de circuler et de rentrer dans son pays d’origine est un droit fondamental, le journalisme n’est pas un crime, et la critique légitime ne peut fonder une arrestation. »

Une préoccupation partagée

D’autres voix de défense des droits humains se sont exprimées dans les mêmes heures : l’Instance marocaine de soutien aux prisonniers politiques a également réclamé la « libération immédiate » du journaliste. Jisr.media suivra l’évolution de ce dossier.


Sources : communiqué du Centre des droits de l’Homme en Amérique du Nord (12 juillet 2026), EFE, El Sol de México, Yabiladi, Reporters sans frontières

Sujets :⚖️ Droits humains🌍 Marocains du monde et diaspora📰 Presse et libertés
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