Maroc insolite : quatre faits vérifiés qui vont vous surprendre
Entre les clichés touristiques et les débats politiques, on oublie parfois de s’arrêter sur ce que l’histoire marocaine a de vraiment singulier. Quatre faits vérifiés, pour changer de perspective.
La plus vieille université du monde encore en activité — avec un vrai débat d’historiens
L’université Al Quaraouiyine de Fès a été fondée en 859 par Fatima al-Fihriya, fille d’un riche marchand originaire de Kairouan. L’UNESCO et le Guinness World Records la reconnaissent comme la plus ancienne université au monde encore en activité aujourd’hui. Le statut n’est pourtant pas incontesté : certains historiens font valoir que l’université de la Zitouna, à Tunis (737), la précède ; d’autres réservent le titre de « première université » au sens moderne à Bologne (1088), seule à avoir formalisé une organisation académique structurée avec diplômes. Al Quaraouiyine, elle, a été réorganisée en université publique moderne en 1963 — après onze siècles de fonctionnement continu sous une forme plus traditionnelle.
Premier pays à reconnaître l’indépendance américaine — avant la France
Le 20 décembre 1777, le sultan Mohammed ben Abdallah charge le consul néerlandais de Salé d’annoncer aux marchands et consuls européens que les navires battant pavillon américain pourraient entrer dans les ports marocains à des conditions favorables. Le Maroc devient ainsi le premier pays au monde à reconnaître l’indépendance des États-Unis — avant même la France. Le traité d’amitié maroco-américain, signé le 23 juin 1786 et ratifié en juillet 1787, est toujours en vigueur aujourd’hui : c’est la plus ancienne relation conventionnelle ininterrompue de toute l’histoire diplomatique américaine.
Une place devenue trésor immatériel de l’humanité
La médina de Marrakech, place Jemaa el-Fna comprise, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985. Mais c’est en 2001 que l’« espace culturel de la place Jemaa el-Fna » — ses conteurs, musiciens, guérisseurs et spectacles vivants, pas seulement la place elle-même — a fait partie des toutes premières proclamations de l’UNESCO au titre de « patrimoine oral et immatériel de l’humanité », avant son inscription formelle sur la liste représentative en 2008. Une reconnaissance rare : elle porte sur des pratiques vivantes et changeantes, pas sur un monument figé.
Des cigognes dans une nécropole abandonnée pendant 185 ans
À Chellah, aux portes de Rabat, les vestiges romains de l’antique cité de Sala Colonia côtoient une nécropole mérinide du XIVe siècle — deux époques superposées sur le même site. Entre les deux, le lieu est resté totalement abandonné pendant près de deux siècles, de 1154 à 1339, avant que les Mérinides n’y installent leur nécropole royale. Aujourd’hui, des colonies de cigognes nichent dans les ruines et sur le minaret, donnant au site son atmosphère si particulière — et depuis 2005, Chellah accueille chaque année le festival « Jazz au Chellah », transformant le temps d’une soirée une nécropole huit fois centenaire en scène de concert.
Sources : Wikipédia — Université Al Quaraouiyine, Wikipedia — Morocco–United States relations, Wikipédia — Place Jemaa el-Fna, Wikipédia — Chellah.


