Climat : quatre faits qui donnent le vertige
Sécheresse, inondations, tsunamis : les nouvelles climatiques donnent souvent le vertige. Mais derrière les gros titres, il y a aussi des chiffres qui surprennent — dans un sens comme dans l’autre. Quatre faits vérifiés, pour mieux comprendre ce qui se joue.
Un barrage marocain, de presque vide à un niveau inédit depuis neuf ans
Début 2024, le barrage Al Massira — le deuxième plus grand réservoir du Maroc, source d’eau essentielle pour l’agriculture de la région de Casablanca — était tombé à environ 1 à 2 % de sa capacité. L’irrigation y était suspendue depuis 2021. Puis les pluies exceptionnelles de l’hiver 2026 ont tout changé : le barrage est remonté à 42 % dès le début de l’année, un niveau plus vu depuis neuf ans, pour atteindre environ 41 % à la mi-2026 (1,094 milliard de m³ stockés). À l’échelle nationale, les 149 barrages du royaume sont passés de 27,6 % de remplissage en février 2025 à 70,6 % en février 2026 — un bond que le gouvernement marocain lui-même a qualifié de sans précédent, mettant fin à sept années de sécheresse consécutives.
La facture la plus lourde de l’histoire météorologique du Québec
En août 2024, les restes de l’ouragan Debby ont frappé le Québec, provoquant l’événement météorologique extrême le plus coûteux jamais enregistré dans la province : environ 2,8 milliards de dollars de pertes assurées, réparties sur 55 municipalités. Un record qui illustre à quel point les phénomènes météo extrêmes, longtemps perçus comme lointains, touchent aussi directement le Québec.
La vague la plus haute jamais enregistrée — plus haute qu’un gratte-ciel
Le 9 juillet 1958, un séisme déclenche un glissement de terrain dans la baie de Lituya, en Alaska, provoquant un mégatsunami dont la vague atteint 524 mètres de hauteur — soit plus haut que l’Empire State Building. C’est la vague la plus haute jamais scientifiquement documentée, et la toute première preuve directe de l’existence des « mégatsunamis ». Malgré cette hauteur vertigineuse, l’événement n’a fait que deux morts (un couple à bord d’un bateau de pêche) ; deux autres embarcations prises dans la baie ont survécu.
Une solution qui marche : le soleil et les eaux usées repoussent le désert
À Ouarzazate, ville d’environ 60 000 habitants surnommée la « porte du désert » aux portes du Haut Atlas, deux projets se combinent pour inverser la tendance. La centrale solaire à concentration Noor-Ouarzazate génère à elle seule une part importante de l’électricité du Maroc et évite l’émission d’environ 3,7 millions de tonnes de CO2. En parallèle, un programme utilise les eaux usées municipales traitées pour irriguer une ceinture verte de 400 hectares autour de la ville — créant des emplois locaux tout en repoussant la désertification et les tempêtes de sable, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (ONU Environnement).
Sources : Reuters/Arab Weekly, L’Opinion, Le360, maroc.ma, CBC News, Wikipédia — Lituya Bay, NASA Earth Observatory, ONU Environnement.



