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Élections

L'alliance de la gauche va-t-elle créer la surprise lors de ces élections ?

Dans cette lecture politique, le Dr Ali Boutouala examine les chances de l'Alliance de la gauche démocratique d'obtenir des résultats avancés aux élections législatives, à partir des indicateurs de la campagne électorale et de l'interaction des citoyens avec le discours politique des partis en lice.

L'alliance de la gauche va-t-elle créer la surprise lors de ces élections ?

Par le Dr Ali Boutouala
Économiste et vice-secrétaire national de la Fédération de la gauche démocratique (FGD)

Lecture de la dynamique de la campagne électorale

À travers le suivi du déroulement de la campagne électorale, et notamment l’interaction des citoyennes et citoyens avec les discours des partis politiques et leurs offres programmatiques, il apparaît, de l’avis de plusieurs observateurs, que trois forces politiques sont parvenues à mener des campagnes électorales réussies : par ordre, l’Alliance de la gauche démocratique, le Parti de la justice et du développement (PJD), et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) — à en juger par le nombre de leurs rassemblements et meetings, la portée de leurs discours, et la visibilité de leurs dirigeants.


Trois forces politiques ont su s’imposer

Dans ce contexte, les trois forces ont su tenir de grands rassemblements populaires dans plusieurs villes marocaines, et le discours de leurs représentants dans les médias publics s’est distingué par sa clarté et sa capacité de conviction. On peut souligner la performance remarquable du secrétaire général du Parti socialiste unifié, le camarade Jamal El Aasri, qui a redonné au discours de la gauche son éloquence, sa crédibilité et son audace. Le discours populiste du leader du PJD, Abdelilah Benkirane — malgré les décisions désastreuses prises par son gouvernement, qui ont nui aux intérêts de la majorité du peuple marocain — trouve quant à lui toujours des personnes pour l’applaudir ! Le Parti du progrès et du socialisme a, de son côté, également mené une campagne électorale réussie, sous la direction du camarade Nabil Benabdallah.


La sympathie envers la gauche se traduira-t-elle en voix ?

Ainsi, malgré l’alignement des notables et la promotion intensive visant à faire arriver le parti du Tracteur (RNI) en tête des résultats des élections législatives de cette année, selon un scénario préparé à l’avance — si les élections se déroulent dans un climat de transparence, d’intégrité et de participation massive, ce qui reste une hypothèse peu probable au vu d’un demi-siècle d’expérience (1976-2026) de fraude et de corruption électorale —, l’ampleur de la sympathie dont bénéficie l’Alliance de la gauche démocratique, si elle se traduit en voix, ferait de cette dernière l’un des partis vainqueurs des élections, ou renforcerait à tout le moins sa position au Parlement, et donc dans le paysage politique, après les élections. Les deux partis mentionnés ci-dessus obtiendront bien sûr des résultats, de même que le parti de l’Istiqlal, qui dispose d’une machine électorale rodée.


L’enjeu d’un groupe parlementaire et de l’unification de la gauche

Dès lors, si l’Alliance de la gauche parvient à relever le défi — obtenir un groupe parlementaire, même restreint, ce que nous espérons —, sa responsabilité dans la gestion du conflit politique s’en trouvera démultipliée, dans la perspective de la mise en œuvre de son projet de société et de la réalisation d’une véritable transition démocratique dans notre pays ; et l’unification de toutes les forces de la gauche démocratique deviendra l’une de ses tâches urgentes.


Fin de l’article

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