Il entrait chez nous à l’heure du souper, et il nous parlait comme à des voisins. Jean-Luc Mongrain est parti.
Le journaliste et animateur Jean-Luc Mongrain est mort le dimanche 11 octobre 2026, à 75 ans, des suites de complications liées à un cancer. Son fils, Marc-Étienne Mongrain, a confirmé la nouvelle. Il laisse aussi dans le deuil sa conjointe, Lynda Durand.
Une voix qui rendait l’actualité accessible
Né à Montréal le 16 juillet 1951, diplômé en théologie de l’Université de Sherbrooke, il enseigne d’abord la religion avant de passer au micro : en 1974, il est lecteur de nouvelles à la radio CJRS, à Sherbrooke. La télévision le fait connaître dans tout le Québec, avec L’heure juste puis Mongrain de sel, à TVA. De 1999 à 2008, il est le visage du Grand Journal de TQS, où il remplace la simple lecture des nouvelles par une actualité commentée, franche, parfois dérangeante. Viendront ensuite Mongrain à LCN, un documentaire en 2015, Coupable ou malade, et un balado en 2021.
Le public lui a remis 18 prix Artis. Hors des plateaux, il a créé un fonds pour la recherche médicale au CHU de Sherbrooke, participé à la naissance de la Guignolée des médias et été longtemps ambassadeur du Club des petits déjeuners. Son ambition tenait en une phrase : « rendre accessible au plus grand nombre ce qui a priori peut sembler hermétique ».
Ce qu’il a été pour nous, les nouveaux Québécois
Pour beaucoup d’entre nous, arrivés au Québec à la fin des années 1990 et au début des années 2000, Jean-Luc Mongrain a été bien plus qu’un animateur. Il a été un vulgarisateur. Il nous expliquait le Québec, ses débats, ses colères et ses fiertés, avec des mots que tout le monde comprenait. Il inspirait confiance.
À la rédaction de Jisr.media, nous retenons surtout un homme qui a défendu les bonnes causes, et parmi elles celle des immigrants, contre vents et marées, à des moments où ce n’était pas toujours populaire de le faire. Avec lui, nous avons appris à dire, sans gêne et sans renier d’où nous venons : nous sommes fiers d’être Québécois et Canadiens.
Fidèle jusqu’au bout
Jean-Luc Mongrain est resté fidèle à son métier jusqu’à la fin. Courtisé par les partis politiques, il n’a jamais fait le saut, quand d’autres journalistes se sont empressés de rejoindre un parti pour obtenir un poste au gouvernement. Il a choisi de rester là où il était le plus utile : face au public, libre de sa parole.
Le Québec lui rend hommage
Les hommages sont venus de tous les horizons. La première ministre sortante, Christine Fréchette, a salué « une figure marquante » du paysage médiatique québécois. Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a rappelé la « saine colère » qui animait ses commentaires. L’Union des artistes parle d’« une voix unique ». Ruba Ghazal, de Québec solidaire, a confié qu’une partie de sa jeunesse devant la télévision s’en allait avec lui.
Nos condoléances
La rédaction et toute l'équipe de Jisr.media, avec nos lectrices et nos lecteurs, adressent leurs plus sincères condoléances à la famille de Jean-Luc Mongrain, à ses proches, à ses amis et à ses collègues, ainsi qu'à tout le peuple québécois.
Merci, monsieur Mongrain, d'avoir été pour nous, nouveaux venus, une voix de confiance. Nous avons appris avec vous à être fiers d'être Québécois et Canadiens.
— La rédaction de Jisr.media
À lire aussi sur Jisr.media :
- La démocratie a dit son mot au Québec : les résultats du 5 octobre
- Trois élus d’origine marocaine à l’Assemblée nationale du Québec
- Pour vivre au Canada : nos guides pratiques
Sources : Presse canadienne (via La Voix de l’Est), Radio-Canada, Le Devoir, Wikipédia.



