Jeunesse : l’automne de la GenZ gagne l’Europe
En France, le mouvement lycéen et étudiant a rassemblé 256 000 manifestants le 6 octobre selon le ministère de l’Intérieur (56 000 à Paris), 450 000 selon les organisateurs. Selon le ministère de la Justice, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 86 % de mineurs. Une nouvelle journée d’action est prévue mardi 13 octobre. Les revendications : plus d’enseignants recrutés et remplacés, des classes moins chargées, des bâtiments rénovés, la fin de Parcoursup. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a ouvert une plateforme (30 000 contributions en moins de 24 heures) et promet un plan d’action après une restitution nationale fin octobre. Le mouvement ne s’arrête plus aux frontières : en Belgique francophone, des milliers d’élèves bloquent leurs écoles depuis le 1er octobre, et à Rome, des lycées sont touchés depuis le 7 octobre, avec le slogan « Faisons comme en France ». En Allemagne, quelque 49 000 lycéens ont fait grève le 25 septembre contre le retour du service militaire, selon la presse militante, et appellent à une grève internationale de la jeunesse le 20 novembre. Ce que l’on peut appeler l’automne de la GenZ en Europe a les mêmes ressorts que GenZ212 en 2025 : une jeunesse organisée sur les réseaux, qui réclame des écoles, de la santé, des perspectives. Il risque de s’élargir, et l’Afrique est la prochaine rive : au Maroc, 662 jeunes de GenZ212 étaient encore détenus fin juin (voir notre pièce 5 du dossier).
Énergie : le gasoil dépasse 16 dirhams au Maroc
Depuis le 1er octobre, le gasoil a pris 80 centimes et l’essence 39 centimes à la pompe. À Casablanca, le litre de gasoil tourne autour de 16,10 dirhams, contre 15,30 avant, et l’essence autour de 15,58 : un plein de 50 litres coûte 40 dirhams de plus en gasoil. Depuis début juillet, le gasoil a pris près de 28 %. Le baril de Brent, lui, tourne autour de 100 dollars, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de blocage du détroit d’Ormuz. Au Québec, l’essence ordinaire se vend en moyenne autour de 2,04 $ le litre, selon la Régie de l’énergie : de quoi mesurer la promesse de PSPP de baisser la taxe de 7 cents. En France, le prix repère du gaz a grimpé de 6,3 % au 1er octobre, à 182,88 euros le mégawattheure, selon Service-public.gouv.fr. Le régulateur estime que la facture annuelle sera d’environ 10 % plus élevée qu’en 2025.
Québec : une « pétition pour légaliser le viol » dans une école secondaire
Le 27 mars, dans une école secondaire du Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, un enseignant a intercepté un papier intitulé « Pétition pour légaliser le viol », qu’un élève montrait à un camarade. Douze noms y figuraient, dont trois signataires confirmés, avec des doublons, des noms illisibles et des noms fictifs. Après l’intervention de la psychoéducatrice et une rencontre avec la Sûreté du Québec, l’établissement a conclu à « une blague de mauvais goût », sans accusation, tout en précisant que le geste avait été traité avec le sérieux que son contenu exigeait. L’affaire est devenue publique début octobre, après une lettre ouverte parue dans La Presse. Rafaël Provost (Ensemble pour le respect de la diversité) et Léa Clermont-Dion, professeure à l’Université de Sherbrooke, y voient la partie visible d’un iceberg : une recherche de l’UQAM menée avec la Fédération autonome de l’enseignement indique qu’un élève montréalais sur trois adhère à un discours masculiniste et que 75 % des 15-25 ans mettent en doute la crédibilité des victimes d’agression sexuelle. Pour jisr.media, ce n’est pas une plaisanterie : quand le viol devient un sujet de blague en classe, c’est le signe d’un masculinisme qui progresse, et l’école, les familles et les pouvoirs publics doivent y répondre avec fermeté.
Marchés : Casablanca sous les 17 000 points, les obligations du Québec respirent
Au Maroc, le MASI a terminé le jour du scrutin, le 23 septembre, à 18 040,73 points. Vendredi 9 octobre, il a clôturé la semaine à 16 797,10 points (+0,29 % sur la séance), soit environ 6,9 % de moins que le jour du scrutin, et la capitalisation de la Bourse de Casablanca reste sous les 1 000 milliards de dirhams (989,63 milliards). Septembre s’était achevé sur un recul de 4,93 %. La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, le 29 septembre, n’a pas changé la tendance. Les analystes ne l’attribuent pas au résultat des urnes : ils citent plutôt des ventes des fonds communs de placement, les résultats semestriels, un ralentissement économique attendu et la pression sur les taux. Ce que le marché attend maintenant : la rapidité de formation de la majorité et les premières décisions budgétaires. Au Québec, l’inquiétude référendaire se mesure sur les obligations : selon Bloomberg, l’écart de rendement des obligations du Québec à 30 ans sur celles de l’Ontario est passé d’environ 11 points de base avant l’élection à environ 7,5 après, soit 0,035 point de pourcentage de moins. L’économiste Derek Holt, de la Banque Scotia, explique le soulagement des investisseurs par la fragilité du PQ : un gouvernement minoritaire, à cinq sièges de la majorité, aurait du mal à réunir les conditions d’un référendum. Le mouvement reste modeste, et le prochain test se joue en Alberta, le 19 octobre.



