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Mayan Guesmi : « Le temps ne guérit rien, il creuse », le combat d'une mère et l'état de l'enquête

Six semaines après la mort de Mayan Guesmi, jeune pilote de 23 ans d'origine tunisienne, dans l'écrasement de son avion-école près de Victoriaville, sa mère Samah Jebari refuse le silence et interpelle publiquement sur les failles du système de sécurité aérienne canadien.

Mayan Guesmi : « Le temps ne guérit rien, il creuse », le combat d'une mère et l'état de l'enquête

Mayan Guesmi — photo personnelle, rendue publique par sa famille

« Le temps ne guérit rien, il creuse » : le combat d’une mère après la mort de sa fille pilote à Victoriaville

Mise à jour du 12 octobre 2026. Les enquêtes du BST et du coroner se poursuivent et, à notre connaissance, aucune conclusion n’a été rendue publique. Selon nos sources, Samah Jebari a par ailleurs mené, au nom de sa fille, une action humanitaire dans un village du Pakistan : voir la section « Au nom de Mayan » ci-dessous.

Le 20 juillet 2026, Mayan Guesmi, une jeune Lavalloise de 23 ans d’origine tunisienne, s’est envolée de l’aéroport de Mirabel pour une séance d’entraînement de routine : une série d’« touch-and-go » — atterrissages et décollages successifs — à l’aéroport régional André-Fortin de Victoriaville, avant un retour prévu à Mirabel en fin de journée. Elle pilotait seule un Cessna 172N. Vers 18h30, l’appareil s’est écrasé dans un champ près de l’aéroport et a pris feu à l’impact. Mayan Guesmi n’a pas survécu.

Cessna 172N (illustration) — avion-école du même type que celui de l’accident

Un deuil qui touche toutes les communautés, notamment maghrébine et tunisienne, à Montréal

L’identification de la victime, compliquée par l’incendie, n’a été confirmée que par fiches dentaires, avant que le coroner Pierre Bélisle ne rende son identité publique quelques jours plus tard. Mayan Guesmi était la fille de Samah Jebari, ancienne porte-parole du Forum musulman canadien et enseignante de français à Dorval. Ses funérailles se sont tenues au Centre islamique du Québec, à Saint-Laurent, avant son inhumation au cimetière musulman de Laval. Le Forum musulman canadien avait alors exprimé ses condoléances à la famille et « aux communautés tunisienne, arabe et musulmane du Canada ».

« 42 jours que ma fille est morte »

Fin août, Samah Jebari a publié une lettre publique sur Facebook qui a largement circulé. Elle y refuse les formules de consolation habituelles : « 42 jours que ma fille est morte. Et je ne vais pas faire semblant d’aller mieux », écrit-elle, ajoutant : « Le temps ne guérit rien. Il creuse. » Le message porte le mot-clic #PilotsMothersOneJourney, qu’elle utilise pour relier son deuil à celui d’autres familles de pilotes disparus, et appelle explicitement à transformer la mort de sa fille en changements concrets plutôt qu’à la laisser retomber dans l’oubli.

Au nom de Mayan : une action humanitaire au Pakistan

Selon nos sources, Samah Jebari a mené, au nom de sa fille, une action humanitaire dans un village du Pakistan. Après la lettre publique, c’est une autre façon de transformer la mort de Mayan en quelque chose de concret, comme elle l’appelait de ses vœux. Nous avons demandé des précisions sur la nature de l’action et nous complèterons cette section dès que nous les aurons.

Les failles que la mère met en cause

Dans sa lettre, Samah Jebari décrit un système de sécurité aérienne canadien qu’elle juge « fragile » et « primitif » sur certains points précis : la présence d’aéroports régionaux, comme celui de Victoriaville, sans tour de contrôle ; l’envoi d’une jeune pilote en formation sans supervision qu’elle estime suffisante ; et la responsabilité de l’école de pilotage dans l’encadrement du vol. Ce sont, à ce stade, les critiques d’une mère endeuillée, et non des conclusions d’enquête — mais elles rejoignent des questions structurelles déjà documentées sur le réseau d’aéroports non contrôlés au Canada, où une part importante du trafic d’entraînement se déroule sans tour au sol.

Ce que disent les enquêtes en cours

Deux enquêtes distinctes sont en cours. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), dont l’enquêteur responsable Simon Saint-Pierre a indiqué que le travail consiste à « déterminer les facteurs contributifs et les causes » de l’accident, examine les données de vol, l’état mécanique de l’appareil, les conditions météo et les témoignages — les dégâts du feu compliquant l’analyse de l’épave. Le coroner mène en parallèle sa propre enquête sur les circonstances du décès. À la date du 12 octobre 2026, ni l’une ni l’autre n’a rendu de conclusions publiques, à notre connaissance, et nous continuons de suivre le dossier ; le BST a précisé donner priorité à la collecte des éléments de preuve les plus « périssables », comme les témoignages, pendant que les souvenirs sont encore frais.

Un appel qui dépasse une seule famille

En rendant sa lettre publique, Samah Jebari refuse que l’histoire de sa fille se referme sur un fait divers. Sa démarche interpelle directement les autorités sur la formation des jeunes pilotes et l’encadrement des aéroports régionaux — un sujet qui, au-delà du drame personnel d’une famille tunisienne de la région de Montréal, touche à la sécurité de tous ceux qui, chaque année, apprennent à voler dans ces mêmes aéroports sans tour de contrôle.

La rédaction de Jisr.media aux côtés de la famille

Jisr.media, par la voix de son fondateur et de l’ensemble de ses collaborateurs, présente ses condoléances les plus sincères à Samah Jebari, ainsi qu’à toute la famille et aux proches de Mayan Guesmi. En signe de solidarité envers eux, la rédaction suivra ce dossier de près dans les semaines à venir — notamment les conclusions du Bureau de la sécurité des transports et du coroner — et reviendra vers ses lecteurs dès que de nouveaux éléments seront connus.

Cet article s’appuie sur les publications publiques de Samah Jebari ainsi que sur les comptes rendus des médias québécois (Le Nouvelliste, Vingt55, Mon Victo) et tunisiens (Réalités, Tuniscope) sur l’accident et les enquêtes en cours. Il sera mis à jour si le BST ou le coroner rendent leurs conclusions.

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