Deux collèges à Montréal et en Estrie, tous deux fondés par le même directeur général, un collège de technologie et le volet professionnel d’un établissement bien connu des étudiants étrangers : en l’espace de quelques semaines, le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) a refusé de renouveler les permis d’exploitation de quatre établissements privés. Résultat : près de 900 étudiants, presque tous internationaux, se retrouvent avec un diplôme qui ne sera peut-être jamais délivré et un parcours d’immigration suspendu à une décision administrative.
Pour jisr.media, qui suit de près le parcours des étudiants marocains et internationaux au Québec, ce dossier tombe au pire des moments : celui des inscriptions pour la rentrée. Voici ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas encore, et ce à quoi il faut faire attention avant de signer un contrat avec un collège privé.
Mise à jour du 28 juillet 2026 — Coup de théâtre : le Tribunal administratif suspend la décision du ministère. Le Tribunal administratif du Québec (TAQ) a suspendu, dans une décision rendue le 28 juillet, le refus du MEQ de renouveler les permis du CSM et du CSS. Les deux collèges sont autorisés à reprendre immédiatement toutes leurs activités d’enseignement, le temps que le TAQ tranche sur le fond du recours qui les oppose au ministère — il s’agit donc d’une suspension provisoire, pas d’un jugement final. Noureddine Hajibi a salué une « excellente nouvelle pour nos étudiants », dénonçant une décision ministérielle qu’il juge « précipitée et injustifiée ». Le ministère de l’Éducation n’avait pas réagi publiquement au moment d’écrire ces lignes. Le sort du Collège de Technologie Véritas et du volet professionnel du Collège Herzing, eux, ne semble pas concerné par cette décision du TAQ. Le reste de ce dossier, rédigé le 20 juillet, reste pertinent pour comprendre le contexte et les enjeux — nous le mettrons à jour au fil des développements. (Sources : La Presse, Le Devoir)
Ce qui s’est passé
Fin juin 2026, le MEQ a refusé de renouveler les permis d’exploitation de quatre établissements privés :
- le Collège supérieur de Montréal (CSM), qui accueillait 528 à 582 étudiants selon les sources ;
- le Collège supérieur de Sherbrooke (CSS), avec 296 étudiants ;
- le Collège de Technologie Véritas ;
- le Collège Herzing, mais uniquement pour son volet formation professionnelle.
Le CSM et le CSS partagent la même direction : les deux collèges sont dirigés par Noureddine Hajibi. Depuis le 1er juillet 2026, aucune formation donnée dans ces établissements n’est officiellement reconnue par le ministère.
Les étudiants du CSM ont appris la nouvelle par courriel le vendredi 10 juillet en fin de journée : la direction y annonçait devoir « suspendre temporairement ses activités d’enseignement et fermer ses portes jusqu’à nouvel ordre ». Une affiche similaire est apparue sur la porte du CSS. Au total, ce sont 878 étudiants qui sont directement touchés par la fermeture du CSM et du CSS, auxquels s’ajoutent les élèves de Véritas et de Herzing (volet professionnel) pour un total avoisinant les 900.

Des motifs que le ministère refuse de détailler
C’est l’élément le plus frustrant de ce dossier : le MEQ n’a communiqué aucune raison précise. Il se contente de répéter que sa priorité demeure « d’assurer la protection et le bien-être des étudiants, la qualité des services éducatifs et la continuité de leur parcours », sans préciser ce qui a motivé le retrait des permis. Le ministère a également indiqué qu’il ne commenterait pas davantage le dossier compte tenu des démarches administratives en cours.
Les collèges, eux, contestent fermement. La direction du CSS affirme que les motifs invoqués « ne reflètent ni la réalité » de l’établissement ni les efforts déployés pour répondre aux exigences ministérielles. Le CSM parle, de son côté, de « motifs inexacts » et dit avoir entamé des démarches pour faire annuler la décision.
En creusant dans les documents publics disponibles, un historique d’irrégularités touchant le CSS a toutefois émergé :
- en 2023, l’établissement ne détenait pas les autorisations requises pour embaucher des enseignants non légalement qualifiés ;
- en 2024, le gouvernement a dû imposer des correctifs aux contrats de services éducatifs, notamment un plafonnement des frais d’admissibilité (50 $) et d’inscription (200 $), ainsi que la correction de publicités qui laissaient croire, à tort, que tous les programmes étaient subventionnés ;
- une plainte pour « école illégale » a été déposée contre l’établissement ;
- une autre plainte, en septembre 2025, visait les frais et droits de scolarité exigés des étudiants ;
- le dernier permis du collège n’avait été délivré que pour un an, signe que le ministère le surveillait déjà de près.
Aucun document équivalent n’a pour l’instant été rendu public concernant le Collège de Technologie Véritas ou le volet professionnel de Herzing.
Des frais élevés, des parcours parfois interrompus à quelques jours du diplôme
Les témoignages recueillis dans la presse dessinent le profil des étudiants touchés : très majoritairement des jeunes originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, inscrits dans des programmes courts et professionnalisants (secrétariat, secrétariat médical, techniques diverses), pour des montants qui atteignent facilement 20 000 à 23 000 dollars canadiens.

Un étudiant algérien de 29 ans, arrivé au Québec en 2023, raconte avoir déboursé 23 000 $ pour un programme en secrétariat médical au CSM — un diplôme qu’il venait tout juste d’obtenir au moment de la fermeture. Son frère cadet, arrivé en décembre 2024, poursuivait encore ses études dans le même établissement. Un autre étudiant, originaire de Guinée, travaillait comme livreur à vélo l’hiver pour financer sa formation en secrétariat au CSS ; il ne lui restait que deux cours et un stage à valider. Une famille brésilienne dit avoir vendu sa maison et sa voiture pour financer les études de son père de famille au CSM.
Plusieurs étudiants détiennent des permis d’études qui arrivent bientôt à échéance — dans certains cas, à peine 15 à 20 jours après l’annonce de la fermeture. Sans diplôme reconnu, c’est tout le parcours d’immigration qui s’effondre.
L’ombre du Collège Universel
Un angle mérite une attention particulière. Peu après la fermeture du CSS, l’ouverture d’un nouveau campus du Collège Universel à Sherbrooke a été annoncée, officiellement pour accueillir en présentiel des étudiants-athlètes d’un programme de hockey jusque-là offert à distance depuis le campus de Gatineau.
Or, cette annonce soulève des questions, car le Collège Universel et le CSS partagent des dirigeants communs : Saloua Zraida, présidente-directrice générale du Collège Universel, est la conjointe de Noureddine Hajibi ; ce dernier apparaît d’ailleurs dans l’administration du nouveau campus, à titre de secrétaire. Le ministère assure que le non-renouvellement du permis du CSS « n’a aucune incidence » sur le permis détenu par le Collège Universel, « malgré l’identité commune des propriétaires ». Des échanges rendus publics révèlent toutefois que le gouvernement a aussi signalé des anomalies chez le Collège Universel — erreurs dans les dossiers, hausse des effectifs, problèmes de remboursement — des irrégularités qui rappellent celles reprochées au CSS.
Le député de Québec solidaire Andrés Fontecilla juge que cette ouverture « soulève de sérieuses questions », tout en reconnaissant qu’il est difficile de se prononcer tant que les motifs exacts du gouvernement restent inconnus.
La structure corporative : SUP Canada et un bureau de recrutement au Maroc
Une enquête de La Tribune publiée en novembre 2024 avait déjà documenté la structure derrière ces établissements. Le CSS, le CSM et le Collège Universel de Gatineau sont tous les trois gérés par une même société par actions, SUP Canada, dont la principale actionnaire est Saloua Zraida — également administratrice des trois collèges. Le CSS lui-même est constitué comme une personne morale sans but lucratif, mais sa gestion opérationnelle passe par SUP Canada.
Fait important pour nos lecteurs : le CSS dispose d’un bureau de recrutement au Maroc, qui dessert non seulement l’établissement sherbrookois mais aussi ses « écoles sœurs », le CSM et le Collège Universel. C’est donc via ce canal marocain qu’une partie importante du recrutement d’étudiants pour ces trois établissements s’est faite ces dernières années.
Le réseau de gouvernance autour de Mme Zraida et de M. Hajibi s’étend en fait au-delà de ces trois collèges. Selon le site du Collège du Mont-Sainte-Anne, une école secondaire privée pour garçons à Sherbrooke fondée en 1948, Saloua Zraida y siège comme présidente par intérim du conseil d’administration, aux côtés de Noureddine Hajibi. Il faut toutefois le noter clairement : le Mont-Sainte-Anne est un établissement d’un tout autre profil — une école secondaire historique à clientèle locale, sans lien apparent avec le recrutement d’étudiants internationaux — et rien n’indique qu’il soit visé par les mêmes problèmes que le CSM ou le CSS. Sa mention ici sert uniquement à documenter l’étendue du réseau d’administration, pas à suggérer une irrégularité de sa part.
Selon Le Devoir, Mme Zraida figurait par ailleurs comme administratrice du CSM et du CSS jusqu’au 10 juillet 2026, ce qui suggère qu’elle a quitté ou a été retirée de ces deux conseils d’administration autour du moment de la crise.
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Le CSS opérait auparavant sous le nom de Collège de comptabilité et de secrétariat du Québec (CCSQ) — La Tribune situait ce changement de nom vers janvier 2023, mais la recherche menée par jisr.media au Registraire des entreprises situe le changement de nom légal plus tôt, au 4 mai 2022 (voir plus bas) ; il est possible que le nom commercial CCSQ ait continué d’être utilisé dans certaines communications après le changement légal. Entre avril 2023 et janvier 2024, 2 667 certificats d’acceptation du Québec (CAQ) ont été délivrés pour cet établissement sur 2 954 demandes — mais seulement 451 étudiants ont réellement fréquenté l’établissement durant cette période, selon les chiffres du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) obtenus par La Tribune. L’écart entre les CAQ délivrés et les étudiants effectivement présents en classe reste largement inexpliqué.
Plus frappant encore : en 2023-2024, le Collège supérieur de Montréal arrivait au premier rang de tous les établissements d’enseignement de la province pour le nombre de CAQ délivrés, avec 12 567, devant n’importe quel cégep ou université. Le CSS suivait avec 2 679 CAQ la même année, et l’Estrie se classait deuxième région de la province, derrière Montréal, pour le nombre de CAQ émis en formation professionnelle sur cinq ans (7 589).
Le modèle d’affaires, documenté par le journal, reposait sur des formations professionnelles courtes facturées autour de 15 000 $, présentées comme une porte d’entrée rapide vers le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) ou le permis de travail postdiplôme. Interrogé par La Tribune, le directeur des études du CSS, Steve Dallaire, avait résumé la position de l’établissement : le collège n’a pas pour vocation de superviser le projet migratoire de ses étudiants internationaux.
Ces éléments — la structure corporative commune, le bureau de recrutement marocain partagé entre les trois écoles, et le volume disproportionné de CAQ délivrés — sont des faits documentés par le registre des entreprises et par le MIFI, et non des suppositions. Ils replacent le retrait des permis de juin 2026 dans une trajectoire plus longue : celle d’un modèle de recrutement à très grande échelle, déjà scruté par la presse régionale un an et demi avant la fermeture.
Un précédent troublant : le nom CCSQ et le scandale Rising Phoenix International
Un détail mérite d’être creusé avec prudence, car il touche à l’histoire même de l’établissement. Le Collège supérieur de Sherbrooke portait auparavant un autre nom : le Collège de comptabilité et de secrétariat du Québec (CCSQ), avec un campus à Sherbrooke et un autre à Longueuil — La Tribune situait ce changement de nom vers janvier 2023, tandis que le registre des entreprises situe le changement de nom légal au 4 mai 2022 (voir plus bas).
Or, ce nom — CCSQ — est directement associé à l’un des plus gros scandales de recrutement d’étudiants étrangers de la dernière décennie au Québec. Selon Radio-Canada, le CCSQ (campus de Longueuil et de Sherbrooke) faisait partie d’un réseau de collèges privés géré par la firme Rising Phoenix International (Groupe RPI), fondée par Caroline Mastantuono, qui recrutait massivement des étudiants indiens depuis 2017. Mme Mastantuono et sa fille Christina ont été accusées de fraude par l’Unité permanente anticorruption (UPAC). En janvier 2022, le Groupe RPI — qui exploitait aussi le Collège M du Canada à Montréal et le Collège de l’Estrie (CDE) à Sherbrooke — s’est placé sous la protection de ses créanciers, laissant des centaines d’étudiants indiens réclamer des remboursements totalisant plusieurs millions de dollars.
Ce qui est désormais confirmé, chronologie à l’appui : une recherche menée directement au Registraire des entreprises du Québec par jisr.media permet d’établir une chronologie précise et resserrée. L’entité juridique derrière le Collège supérieur de Sherbrooke (NEQ 1142548800) existe depuis 1995 sous le nom d’origine « École de secrétariat Notre-Dame-des-Neiges (1985) » — soit exactement l’une des deux écoles fondatrices qui avaient fusionné en 2006 pour former le CCSQ, campus Sherbrooke. Or :
- Le 14 mars 2022, la Cour supérieure du Québec rend une « Approval and Vesting Order » (ordonnance d’approbation et de dévolution — le type de document qui autorise le transfert d’actifs à un acheteur) dans le dossier CCAA de Rising Phoenix International ;
- Le 31 mars 2022, soit dix-sept jours plus tard, Noureddine Hajibi est nommé président-directeur général de cette même entité juridique ;
- Le 4 mai 2022, environ sept semaines après l’ordonnance, l’entité change officiellement de nom pour devenir le Collège supérieur de Sherbrooke.
Le même schéma se répète du côté montréalais. L’entité juridique du Collège supérieur de Montréal (NEQ 1142424424) existe elle aussi depuis 1995 ; en 2000, elle portait déjà — coïncidence d’acronyme — le nom de « Collège de secrétariat moderne inc. » (CSM). Noureddine Hajibi en est devenu PDG le 5 octobre 2024. Le 10 juillet 2026, soit le jour même où les étudiants ont appris la fermeture, une nouvelle administratrice, Mariam Makboul, a été ajoutée simultanément aux deux entités (CSM et CSS) — ce qui suggère un remaniement de gouvernance en réaction directe à la crise, sans qu’on puisse encore en tirer de conclusion sur ses causes.
Cette chronologie ne prouve pas, à elle seule, une intention frauduleuse — un rachat d’actifs après une faillite est une opération commerciale légale et courante. Mais elle établit, documents officiels à l’appui, que les collèges aujourd’hui fermés par le ministère de l’Éducation reposent sur des coquilles corporatives directement issues du réseau Rising Phoenix International, reprises en main à peine quelques semaines après l’effondrement de ce dernier.
Un élément vient nuancer ce récit, dans un souci d’équité : Mme Zraida et M. Hajibi ne sont pas des acteurs apparus soudainement en 2022. Le Collège Universel, campus Montréal, existe sous leur direction depuis le 29 octobre 2014 — Zraida comme présidente-directrice générale, Hajibi comme administrateur dès la constitution. Le couple opère donc dans le secteur de l’enseignement privé depuis plus d’une décennie, bien avant la faillite de Rising Phoenix International. Une nouvelle administratrice, Luisa Tanzi, a été ajoutée à cette entité le 19 mars 2023 — soit un peu moins d’un an après la reprise du CSS. Il s’agit donc de l’expansion progressive d’un groupe déjà établi dans le secteur, plutôt que d’une prise de contrôle isolée et opportuniste.
Ce qui est certain, en revanche, c’est le schéma récurrent : un collège privé change de nom, de clientèle source (étudiants indiens hier, marocains et ouest-africains aujourd’hui) ou de propriétaire après un scandale, tout en continuant d’opérer dans le même secteur, parfois dans les mêmes locaux.
La mobilisation étudiante et la réaction politique
Des dizaines, puis une centaine d’étudiants ont manifesté à plusieurs reprises devant le CSM au cours des deux dernières semaines — dont une mobilisation le dimanche 12 juillet et une autre le 19 juillet, avec une marche jusqu’au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Les étudiants réclament « une solution rapide, claire, humaine et équitable ».
Québec solidaire a également interpellé le ministre de l’Immigration François Bonnardel : les députés Guillaume Cliche-Rivard et Andrés Fontecilla ne remettent pas en question la suspension des permis elle-même, mais exigent que les étudiants ne paient pas pour des manquements dont ils n’étaient pas responsables au moment de leur inscription.
De son côté, le MIFI promet des « mesures facilitatrices » pour réduire les conséquences sur le cheminement scolaire des étudiants touchés, et le MEQ affirme avoir entrepris des démarches pour que ceux-ci puissent terminer leur formation dans le réseau public, à Montréal ou en Estrie. Les étudiants devront néanmoins déposer une nouvelle demande de sélection temporaire pour études — une démarche administrative de plus, dans un contexte déjà anxiogène.
Le lien avec le PEQ, une voie d’immigration très prisée
Ce dossier arrive à un moment charnière pour l’immigration étudiante au Québec. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui permet aux diplômés d’un établissement québécois d’obtenir rapidement un Certificat de sélection du Québec (CSQ) — étape obligatoire avant la résidence permanente — vient tout juste de rouvrir, pour une période de deux ans allant du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028, après une longue suspension.
Le problème est direct : le PEQ exige un diplôme obtenu dans un établissement reconnu par le Québec. Si un collège perd son permis, les diplômes qu’il délivre risquent de ne plus être reconnus — ce qui peut invalider, à la source, l’admissibilité au PEQ de centaines d’étudiants qui pensaient avoir sécurisé leur voie vers l’immigration permanente. Pour beaucoup d’étudiants marocains et africains inscrits dans ces filières courtes, le PEQ était précisément l’objectif final de leur passage au Québec.
Comment se protéger avant de s’inscrire
En pleine période d’inscriptions pour la rentrée, voici quelques réflexes à adopter avant de signer un contrat avec un collège privé au Québec :
- Vérifier le statut du permis : le portail du réseau collégial publie une liste des établissements privés sous permis (lescegeps.com). Ce n’est pas une garantie en temps réel — le CSM et le CSS y figuraient encore récemment — mais c’est un premier point de contrôle.
- Confirmer le statut d’établissement d’enseignement désigné (DLI) auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Un permis d’études fédéral n’est valide que si l’établissement figure sur cette liste ; un DLI qui ne respecte pas ses obligations de suivi des étudiants risque la suspension.
- Contacter directement la Direction de l’enseignement privé du MEQ pour confirmer qu’un permis est actif avant de verser des frais.
- Se méfier des programmes très courts et très coûteux, particulièrement ceux visant une clientèle presque exclusivement internationale — un profil qui revient dans la plupart des dossiers de fermeture forcée de collèges privés ces dernières années.
- Rechercher l’historique du nom de l’établissement — plusieurs collèges privés ont changé de nom après un scandale ou une fermeture (le cas CCSQ/Rising Phoenix en est un exemple bien documenté). Un nom récent, une adresse identique à celle d’un ancien établissement fermé, ou une clientèle qui a rapidement basculé d’un pays vers un autre sont des signaux à vérifier.
- Ne jamais se fier uniquement à un recruteur ou une agence touchant une commission sur l’inscription, et exiger des documents écrits sur la reconnaissance réelle du programme par le ministère.
En conclusion : rester vigilant face aux arnaques
Ce dossier rappelle une réalité que nous répétons régulièrement sur jisr.media : au Québec, un permis d’établissement peut être révoqué du jour au lendemain, sans préavis pour l’étudiant, et un diplôme obtenu la veille peut ne plus valoir grand-chose le lendemain.
Pour les étudiantes et étudiants marocains, algériens, guinéens ou d’ailleurs qui envisagent des études au Québec par le biais d’un collège privé, la prudence doit commencer bien avant la signature du contrat : vérifier le statut réel de l’établissement auprès des autorités compétentes, se méfier des promesses de « voie rapide » vers le PEQ ou la résidence permanente, et ne jamais transférer des dizaines de milliers de dollars sans garantie écrite sur la reconnaissance du programme. Le cas du CSM et du CSS montre aussi qu’un bureau de recrutement local — y compris au Maroc — n’est pas en soi une garantie de sérieuse : c’est le statut du permis de l’établissement lui-même auprès du ministère de l’Éducation, pas la présence d’un représentant dans votre pays, qui détermine si votre diplôme sera reconnu. Ce cas n’est pas isolé — il s’inscrit dans une série de dossiers similaires ces dernières années, où ce sont systématiquement les étudiants, et non les administrateurs, qui paient le prix des manquements des établissements.
Le rêve québécois ne doit pas se transformer en piège administratif. Informez-vous, exigez des documents, prenez le temps de vérifier — avant de signer, pas après.
jisr.media suivra l’évolution de ce dossier, notamment la réponse officielle du ministère de l’Éducation et les recours entrepris par les collèges concernés.



