Maroc, Québec : jisr.media lance un sondage sur les deux scrutins qui vous concernent
Deux campagnes, deux rives, une seule communauté de lecteurs concernée par les deux. À trois semaines du scrutin marocain du 23 septembre et cinq semaines de celui du Québec le 5 octobre, jisr.media lance un sondage — visible désormais sur toutes les pages du site, pas seulement dans un article qu’on referme et qu’on oublie.
Un panneau qui reste là, tout le temps
Vous le trouverez ancré à gauche de votre écran en français, à droite en arabe — toujours du côté où commence la lecture. Sur mobile, il prend la forme d’une barre repliable en bas d’écran : un tap pour l’ouvrir, un tap pour la refermer. Quatre questions, dix secondes :
- Comptez-vous voter aux législatives marocaines du 23 septembre ?
- Quel est votre sentiment envers ce scrutin ?
- Comptez-vous voter (ou suivez-vous de près) aux élections québécoises du 5 octobre ?
- Quel est votre sentiment envers ce scrutin-là ?
Une seule question préalable — où résidez-vous, au Maroc ou à l’étranger — permet ensuite de croiser les réponses entre les deux rives.
Pourquoi une question sur l’intention de voter
Le sentiment, c’est une chose ; l’acte de voter, c’en est une autre — et l’écart entre les deux est justement ce qui rend la participation électorale marocaine si difficile à lire. Le taux de participation aux législatives est tombé à 37% en 2007, avant de remonter à 42% en 2016 puis 50,18% en 2021 — le niveau le plus élevé depuis 2002, mais qui signifie encore qu’un électeur inscrit sur deux ne s’est pas déplacé. Poser directement la question de l’intention de vote, plutôt que de la déduire du seul sentiment général, donne un indice plus direct sur ce qui se joue réellement le jour du scrutin.
Pourquoi ce genre de sondage est rare au Maroc — et ce n’est pas un hasard
Si vous avez l’impression de ne jamais croiser de sondage d’opinion sur une élection marocaine, ce n’est pas qu’une question d’habitude éditoriale : c’est encadré par la loi. Le Maroc interdit de réaliser ou de publier un sondage d’opinion à caractère politique lié à un scrutin, du 15 août jusqu’à la fin du vote — soit, pour 2026, jusqu’au 22 septembre inclus. La peine prévue est sévère : de un mois à un an de prison et de 50 000 à 100 000 dirhams d’amende pour quiconque commande, réalise ou publie un tel sondage durant cette période. Le motif invoqué par les autorités : préserver le processus électoral d’une influence exercée par des sondages jugés, en l’absence de tout cadre légal régissant leur méthodologie, « imprécis et partiaux ». En dehors même de cette fenêtre, un vide juridique persiste sur l’encadrement de la pratique — ce qui explique, bien avant la question de l’interdiction, une culture du sondage politique restée peu développée au Maroc comparée, par exemple, au Québec, où plusieurs maisons de sondage publient des intentions de vote chaque semaine sans contrainte particulière.
Ce sondage jisr.media n’a pas la prétention d’échapper à cette réalité en la contournant : il se présente pour ce qu’il est, un exercice informel auprès de nos lecteurs, non scientifique et non représentatif de l’ensemble de la population marocaine ou québécoise. Ce n’est pas une mesure électorale au sens de la loi — c’est un pouls de communauté, celle des deux rives que jisr.media essaie de faire dialoguer depuis le début.
Les résultats, en direct
Après avoir voté, vous verrez immédiatement les résultats cumulés — y compris la répartition entre lecteurs au Maroc et lecteurs à l’étranger. Une deuxième vague suivra en cours de campagne, une troisième à son terme, pour suivre l’évolution du sentiment de notre lectorat au fil des deux scrutins.
Sources : maroc.ma — communiqué officiel sur l’interdiction des sondages électoraux, Le Brief — pourquoi les sondages sont-ils toujours interdits au Maroc ?, TelQuel — sondages au Maroc, entre vide juridique et apathie politique, Le Matin — taux de participation 2021, Yabiladi — le taux de participation, un défi à chaque élection.


