Débat de la Jeune Génération — Une vague qu’on n’aurait pas imaginée il y a cinq ans
jisr.media a reçu cette réaction d’une jeune Canadienne qui suit de près ce qui se passe sur la scène artistique mondiale, en écho à nos articles culture sur Macklemore et sa tournée avec Ed Sheeran et sur le documentaire NAZA à Venise. Nous la publions dans notre rubrique Débat de la Jeune Génération.
Auriez-vous pu imaginer, il y a cinq ans, une telle vague de solidarité envers un chanteur qui ose dire « Free Palestine » sur scène ?
Cette vague de solidarité s’est notamment déclenchée après le retrait du rappeur Macklemore de la tournée d’Ed Sheeran. Les versions divergent sur qui a pris la décision : Macklemore affirme que Robert Kraft a contacté Ed Sheeran et d’autres propriétaires de stades pour obtenir son retrait. De son côté, Ed Sheeran déclare publiquement que la décision venait du promoteur (Messina Touring Group), pas de lui, et que son contrat était avec le promoteur. Le promoteur, lui, explique avoir retiré Macklemore après que plusieurs stades, dont celui de Kraft, ont refusé d’accueillir des concerts avec lui. Quelle que soit la version retenue, la décision a provoqué une réaction en chaîne dans le monde de la musique, où de nombreux artistes ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une forme de censure visant les prises de position en faveur des Palestiniens.
Le monde de la musique a été clair : il rejette la censure liée à la Palestine. Ed Sheeran reçoit un barrage de commentaires et d’articles en ligne l’accusant d’être un lâche. Un artiste aussi renommé et fortuné aurait pourtant très bien pu refuser de céder aux demandes des milliardaires qui possèdent ou contrôlent certaines grandes salles de spectacle, notamment Robert Kraft — dont le nom apparaît dans des documents Epstein publiés en 2025-2026, où Epstein tentait de lui faire engager son propre avocat pour son affaire de sollicitation de 2019, sans preuve de lien personnel, de contact direct ou d’amitié entre les deux hommes.
Les autres artistes qui assuraient les premières parties de la tournée se sont, chacun leur tour, exprimés sur la situation et ont tous pris la décision de ne pas poursuivre leur participation à la tournée d’Ed Sheeran. Parmi eux figurent Finneas, Lukas Graham, Aaron Rowe et le groupe Beoga.
D’autres artistes se sont également exprimés sur les réseaux sociaux en solidarité avec Macklemore, notamment Zara Larsson, PinkPantheress, Kehlani, Bella Hadid, Jae Park et Paloma Faith. Et la liste est longue.
Macklemore a ensuite annoncé qu’il ferait don d’un million de dollars — soit la totalité de ses gains issus de la tournée d’Ed Sheeran — à des organisations venant en aide aux communautés palestiniennes. Il a également invité Robert Kraft à en faire de même.
Quoi qu’on en pense, cette vague de solidarité envers la cause palestinienne est un phénomène qu’il aurait été difficile d’imaginer il y a encore quelques années.
La visibilité sans précédent de la souffrance des Palestiniens, dans le contexte de la guerre menée par Israël à Gaza et des accusations de génocide portées par certaines organisations et instances internationales, ainsi que le travail continu des médias indépendants qui documentent cette souffrance, ont contribué à ce changement.
Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas grandi dans le même environnement médiatique que les générations précédentes. Ils ont accès à des images, des témoignages et des récits auxquels leurs parents et leurs grands-parents n’avaient pas nécessairement accès. Sur les réseaux sociaux, ils ont joué un rôle majeur dans cette transformation. C’est en grande partie grâce à eux qu’il est désormais possible de voir des artistes monter sur scène et dire ouvertement : « Free Palestine ».
Et même si les forces qui détiennent le pouvoir — les Robert Kraft de ce monde, mais aussi les Ed Sheeran qui choisissent de ne pas leur tenir tête — restent considérables, quelque chose a changé.
On le sent dans les salles de concert, sur les réseaux sociaux et dans la manière dont les artistes prennent désormais position publiquement. Une génération entière refuse de rester silencieuse. Et, après des années où la solidarité avec les Palestiniens était souvent marginalisée ou censurée, cette vague de changement est devenue impossible à ignorer.
— NARA
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