Le Maroc célèbre le lundi 10 août la Journée nationale des Marocains résidant à l’étranger, un rendez-vous annuel consacré à une diaspora de plus de 6,1 millions de personnes et à ses liens économiques, sociaux et culturels avec le Royaume.
Le roi Mohammed VI a instauré cette journée en 2003. Les autorités organisent chaque année des rencontres dans les préfectures et provinces du pays, notamment pendant la période estivale, lorsque de nombreux Marocains établis à l’étranger reviennent au Royaume.
Cette année, le Maroc célèbre la journée sous le thème « Les Marocains résidant à l’étranger au service des chantiers Maroc 2030 », avec un accent sur la participation des compétences marocaines de l’étranger aux projets économiques, scientifiques, technologiques et culturels du pays.
Au-delà des investissements et des transferts financiers, la journée met aussi en lumière une dimension plus personnelle : le maintien du lien avec le Maroc à travers les générations.
Aya et Abderrahmane : un geste de loyauté et de nostalgie
Quelques heures avant que le Maroc ne célèbre, lundi 10 août, la Journée nationale des Marocains résidant à l’étranger, Aya, 20 ans, et Abderrahmane, 22 ans, ont choisi le Royaume pour célébrer l’une des étapes les plus importantes de leur vie : leur mariage.
Nés et élevés en France, les deux jeunes ont fait le voyage au Maroc pour organiser leur mariage le week-end précédant le 10 août, entourés de proches venus de France et de différentes régions du Royaume.
Tenues marocaines, henné, musique, cuisine et rituels familiaux ont accompagné les festivités. Pour le couple, célébrer le mariage au Maroc représentait autant un choix familial qu’une manière de préserver un héritage culturel transmis depuis l’enfance.
« On vit en France et toute notre vie quotidienne est là-bas, mais on ne s’imaginait pas nous marier ailleurs qu’au Maroc », raconte Aya. « C’était important pour nous de réunir nos familles et de vivre les traditions avec lesquelles nous avons grandi. »
Pour Abderrahmane, ce sentiment prend une dimension particulière au sein de sa génération.
« Nous sommes une génération qui a grandi entre deux pays. La France, c’est notre quotidien, mais le Maroc fait aussi partie de nous », explique-t-il. « Venir ici pour notre mariage, c’était une manière de garder ce lien et de transmettre quelque chose à notre tour. »
Cette question de la transmission prend une importance croissante à mesure que de nouvelles générations de Marocains naissent à l’étranger. Certaines parlent couramment l’arabe marocain ou l’amazigh, passent leurs vacances au Royaume, et maintiennent des relations étroites avec leur famille. D’autres construisent une relation plus distante avec le pays d’origine de leurs parents.
Les mariages, les fêtes familiales, les vacances d’été et les autres grandes étapes de la vie deviennent ainsi des moments où ce lien avec le Maroc se manifeste concrètement.
Pour le couple, le choix de célébrer leur union au Royaume ne traduit donc pas seulement un attachement aux traditions. Il raconte aussi la relation d’une génération née ailleurs avec un pays qu’elle continue de considérer comme une partie de son identité.
À la veille de la Journée nationale des MDM, leur mariage offre ainsi une image de cette diaspora marocaine en évolution : installée à l’étranger, intégrée dans les sociétés où elle grandit, mais toujours attachée, à des degrés différents, au Maroc.
Le témoignage illustre aussi une réalité plus complexe. Les nouvelles générations de la diaspora construisent leur rapport au Maroc depuis des sociétés différentes de celles de leurs parents ou grands-parents. Pour certains, le lien reste quotidien. Pour d’autres, il dépend davantage des vacances, de la famille, ou des initiatives culturelles qui rapprochent les jeunes du pays.
La Journée nationale des MDM offre ainsi chaque 10 août une occasion de célébrer une communauté dispersée à travers le monde, mais dont une grande partie continue de construire son rapport au Maroc à travers la famille, la culture, et un sentiment d’appartenance qui évolue d’une génération à l’autre.
Mot de la rédaction
Interrogés sur ce slogan, Mme Touria, résidente en France depuis plus de 40 ans, et M. Mustafa, installé à Boston depuis plus de 20 ans, ainsi que d’autres Marocains de la diaspora, le trouvent très réducteur : il ne reflète en rien, selon eux, leur vision des grands chantiers à mener. Pour eux, la priorité devrait aller aux régions éloignées qui n’ont encore ni eau potable, ni centres médicaux, ni routes fonctionnelles. Souad estime qu’il faut d’abord offrir un sentiment de citoyenneté complète. Quant aux grands chantiers, pour 2030 comme pour 2040, la priorité serait de penser à une bonne gouvernance et de donner la parole aux citoyens pour définir eux-mêmes leurs priorités. M. Mustafa évoque de son côté le mouvement GenZ et ses revendications restées sans suite.
Yakout Ait Seghrouchen — collaboration spéciale pour Jisr.media


