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Immigration : pendant que le Québec veut fermer des portes, Ottawa en ouvre aux francophones dans le reste du Canada

Le 29 septembre, Ottawa a annoncé de nouveaux projets pour recruter des francophones à Terre-Neuve-et-Labrador, en Saskatchewan et dans le Nord de l'Ontario. Objectif : 30 000 immigrants francophones par an hors Québec, puis 12 % en 2029. Au même moment, au Québec, les partis promettent de réduire l'immigration, malgré les entreprises. Pour les Marocains qui parlent français, une porte s'ouvre. Voici comment s'y préparer.

Immigration : pendant que le Québec veut fermer des portes, Ottawa en ouvre aux francophones dans le reste du Canada

Le port de St. John's, Terre-Neuve-et-Labrador — photo Mike from Vancouver, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Le Québec débat de fermer des portes. Le reste du Canada, lui, en ouvre. Le 29 septembre, à St. John’s, la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a annoncé de nouveaux projets pour attirer des travailleurs francophones dans les provinces autres que le Québec. Pour les Marocains qui parlent français et rêvent du Canada, c’est une information à ne pas manquer.

Ce qu’Ottawa vient d’annoncer

Environ 1,2 million de dollars pour trois projets, dans le cadre du programme fédéral d’appui à l’immigration francophone :

  • Terre-Neuve-et-Labrador : 349 684 dollars sur deux ans pour recruter à l’étranger des travailleurs francophones et bilingues, en éducation, petite enfance et santé.
  • Saskatchewan : un projet du Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan pour jumeler des francophones de l’étranger avec des employeurs, en agriculture, santé, mines, énergie, technologie et hôtellerie.
  • Nord de l’Ontario : « Osez le Nord », une stratégie commune de promotion menée par le Carrefour francophone de Sudbury, pour attirer des francophones hors des grandes villes.

Ce n’est pas tout. En janvier, à Moncton, la même ministre avait réservé jusqu’à 5 000 places supplémentaires de résidence permanente en 2026, que les provinces et territoires peuvent attribuer à des candidats francophones, en plus de leurs quotas habituels.

Les chiffres qui comptent

Cibles d'immigration francophone hors Québec

2025 (réalisé)8,9 % 20269 % · 30 267 20279,5 % · 31 825 202810,5 % · 35 175 202912 % (objectif)

Part des nouveaux résidents permanents hors Québec. Source : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Ottawa a dépassé son objectif quatre années de suite : en 2025, 8,9 % des nouveaux résidents permanents installés hors Québec étaient francophones. Et la courbe monte : plus de 35 000 personnes par an sont visées en 2028.

Au Québec, le discours inverse

Le contraste est frappant. À quelques jours du vote du 5 octobre, plusieurs partis québécois promettent de réduire l’immigration :

  • le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon veut ramener le seuil à 35 000 immigrants permanents par an, couper de moitié l’immigration temporaire et instaurer un moratoire sur l’immigration économique venue de l’étranger, en ne sélectionnant plus que des personnes déjà présentes au Québec ;
  • la CAQ de Christine Fréchette maintiendrait le seuil à 45 000 jusqu’en 2029, mais réduirait aussi l’immigration temporaire.

Les entreprises, elles, s’inquiètent. Quand Québec a gelé une partie de son Programme de l’expérience québécoise, en 2025, le Conseil du patronat du Québec a prévenu que « les conséquences économiques de cette mesure pourraient être pires que celles des tarifs américains ».

Le Québec débat de fermer des portes. Le reste du Canada les ouvre, et il les ouvre en français.

Nous avons déjà analysé le mauvais procès fait à l’immigration à propos des écoles et l’hypocrisie migratoire de cette campagne.

Les portes d’entrée, en clair

Ces voies sont toutes hors Québec : dans les neuf autres provinces et les trois territoires.

  • Mobilité francophone : un permis de travail qui permet à un employeur d’embaucher un francophone sans étude d’impact sur le marché du travail. Il faut une offre d’emploi hors Québec et un niveau intermédiaire de français à l’oral. Frais : 155 dollars. Une expérience de travail au Canada ouvre ensuite la voie à la résidence permanente.
  • Entrée express pour francophones : le système fédéral de résidence permanente organise des tirages réservés aux candidats qui maîtrisent le français.
  • Programmes des provinces : chaque province peut sélectionner ses propres candidats, et les 5 000 places supplémentaires leur permettent d’en choisir davantage parmi les francophones.
  • Communautés francophones accueillantes : des villes et des régions hors Québec qui accompagnent l’installation des nouveaux arrivants francophones.

Comment se préparer dès maintenant

  1. Faites évaluer votre français avec un test reconnu par le Canada. C’est la clé de toutes ces voies.
  2. Faites évaluer vos diplômes et réunissez vos documents tôt : certains prennent des semaines à obtenir depuis le Maroc. Notre guide sur les documents à réunir.
  3. Ciblez les secteurs qui recrutent : santé, éducation, petite enfance, agriculture, mines, énergie, technologie, hôtellerie.
  4. Regardez au-delà de Montréal et Toronto : Terre-Neuve, la Saskatchewan, le Nord de l’Ontario ou le Nouveau-Brunswick cherchent des francophones.
  5. Passez uniquement par les sites officiels. Personne ne peut vous « garantir » un visa contre paiement. Les démarches se font auprès du gouvernement du Canada ou des provinces.

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  1. 1. Statut et démarches d'immigration : par où commencer avant de partir
  2. 2. Préparer son dossier : la liste des documents à réunir
  3. 3. Santé et assurance : ce qu'il faut savoir avant de tomber malade
  4. 4. Logement : trouver, louer et éviter les pièges
  5. 5. Vie quotidienne et où demander de l'aide
  6. 6. Emploi et revenu : faire reconnaître son parcours et trouver du travail
  7. 7. Aide sociale et droits fondamentaux : ce que vous pouvez exiger
  8. 8. Banque et finances : bâtir sa vie financière à zéro

Voir le guide complet →

Besoin d’être orienté ? Les bénévoles de Jisr.media vous aident gratuitement à trouver les voies officielles. Remplissez notre formulaire d’orientation.

Les liens officiels

  • Immigrer dans une communauté francophone hors du Québec : canada.ca
  • Permis de travail Mobilité francophone : canada.ca
  • Entrée express pour les travailleurs qualifiés francophones : canada.ca
  • L’annonce du 29 septembre 2026 : canada.ca

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FAQ

Qu’a annoncé Ottawa le 29 septembre 2026 sur l’immigration francophone ? La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a annoncé environ 1,2 million de dollars pour trois projets : recrutement de travailleurs francophones à l’étranger par Terre-Neuve-et-Labrador (349 684 dollars sur deux ans), jumelage avec des employeurs en Saskatchewan, et la stratégie « Osez le Nord » dans le Nord de l’Ontario.

Combien d’immigrants francophones le Canada veut-il accueillir hors Québec ? La cible est de 9 % des nouveaux résidents permanents hors Québec en 2026, soit 30 267 personnes, puis 9,5 % en 2027, 10,5 % en 2028 et 12 % en 2029.

Qu’est-ce que le programme Mobilité francophone ? C’est un permis de travail qui permet à un employeur hors Québec d’embaucher un francophone sans étude d’impact sur le marché du travail. Il faut un niveau intermédiaire de français à l’oral. Les frais sont de 155 dollars.

Peut-on immigrer au Québec avec ces programmes ? Non. Ces mesures fédérales visent les communautés francophones hors Québec : les neuf autres provinces et les trois territoires. Le Québec sélectionne lui-même ses immigrants économiques.

Comment se préparer depuis le Maroc ? Faire évaluer son niveau de français avec un test reconnu par le Canada, faire évaluer ses diplômes, préparer ses documents tôt, et passer uniquement par les sites officiels du gouvernement du Canada ou des provinces, en se méfiant des intermédiaires qui promettent un visa.


Sujets :⚜️ Québec : élections et gouvernement🍁 Canada et immigration
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