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📚 Dossier : Élections Québec 2026

Québec 2026, dernière semaine : après huit ans au pouvoir, la CAQ de Fréchette dégringole, le PQ de St-Pierre Plamondon à 30 %

Plus que cinq jours avant le vote du 5 octobre. Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon est en tête partout. La CAQ, au pouvoir depuis huit ans, est passée de 41 % des voix en 2022 à 16 % dans les sondages, et certaines projections ne lui laissent presque aucun siège. En démocratie, tout peut arriver : les autres chefs le savent et avancent prudemment. Le PCQ d'Éric Duhaime vise plus loin que Québec, le PCQ d'Éric Duhaime vise plus loin que Québec et le PLQ de Charles Milliard promet « le changement sans référendum ». Près d'un électeur sur quatre a déjà voté. Où en est la course, et comment voter.

Québec 2026, dernière semaine : après huit ans au pouvoir, la CAQ de Fréchette dégringole, le PQ de St-Pierre Plamondon à 30 %

Paul St-Pierre Plamondon (Alexis G., CC BY-SA 4.0), Charles Milliard et Christine Fréchette (TVA Nouvelles), Éric Duhaime (Asclepias, CC BY-SA 3.0), Ruba Ghazal (QuebecSolidaireMercier, CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons, montage Jisr.media

Québec 2026, dernière semaine : après huit ans au pouvoir, la CAQ de Fréchette dégringole, le PQ de St-Pierre Plamondon à 30 %

Plus que cinq jours. Le lundi 5 octobre, les Québécois éliront leur prochain gouvernement. Et à l’entrée du dernier droit, la course ressemble de moins en moins à celle qu’on imaginait en août.

Où en est la course ?

Les trois sondages publiés les 26 et 27 septembre racontent la même histoire. Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon tient la tête, autour de 30 %. Derrière, le PLQ de Charles Milliard se détache (22 à 26 %). Le PCQ d’Éric Duhaime (17-18 %) talonne ou dépasse la CAQ de Christine Fréchette, tombée à 16 % chez Léger. Québec solidaire de Ruba Ghazal ferme la marche (9 à 13 %).

Nous avons raconté comment l’affaire d’ingérence américaine a précipité la chute de la CAQ dans notre article « la magie s’est retournée contre la magicienne ».

Les projections des agrégateurs de sondages donnent presque à coup sûr la première place au PQ. La majorité, fixée à 64 sièges sur 127, reste à sa portée, mais elle n’est pas acquise. Et rien n’est joué : à la mi-septembre, Léger mesurait que 65 % des Québécois voulaient un changement de gouvernement, mais que 42 % des électeurs décidés pouvaient encore changer d’avis.

Cinq jours, c’est long en politique. Surtout quand quatre électeurs sur dix hésitaient encore il y a quinze jours.

Huit ans au pouvoir, et la dégringolade

Il y a quatre ans, la Coalition avenir Québec triomphait. En octobre 2022, François Legault obtenait un second mandat majoritaire avec 41 % des voix et 90 sièges, du jamais vu pour le parti fondé en 2011. Quatre ans plus tard, la même CAQ lutte pour sa survie.

La chute n’a pas commencé avec la campagne. Dès 2023, le parti glisse dans les sondages, dépassé par le PQ. Fin 2025, Léger ne lui accorde plus qu’environ 19 %. En janvier 2026, François Legault annonce son départ après près de huit ans à la tête du Québec. Christine Fréchette lui succède en avril, après avoir battu Bernard Drainville dans la course à la direction, et donne un nouveau souffle au parti : fin août, un sondage Synopsis-La Presse place même la CAQ au coude-à-coude avec le PQ.

Puis tout s’est défait en quelques semaines. Après les débats et l’affaire d’ingérence américaine, la CAQ perd 7 points d’un sondage Synopsis à l’autre (17 %) et tombe à 16 % chez Léger, en quatrième place, derrière le PCQ d’Éric Duhaime.

La CAQ, de 41 % à 16 %

Élection 201837,4 % Élection 202241,0 % Léger, déc. 202519 % Léger, 6 sept. 202623 % Léger, 13 sept.21 % Léger, 21 sept.20 % Léger, 27 sept.16 %

Résultats officiels (2018, 2022) et intentions de vote Léger. Sièges : 74 en 2018, 90 en 2022, 79 à la dissolution ; projection Synopsis-La Presse du 27 septembre : 6.

Et en sièges, c’est pire encore. Pour un parti sans bastion régional, chaque point perdu coûte en moyenne six sièges, calcule Philippe J. Fournier, de Qc125. Le sondage Synopsis-La Presse ne laisse à la CAQ que 6 sièges, contre 79 à la dissolution de l’Assemblée. Christine Fréchette elle-même serait battue à Trois-Rivières, sept points derrière le PQ. La projection Qc125 du 29 septembre va plus loin : 0 siège, dans une fourchette de 0 à 6. Un parti qui gouverne depuis huit ans pourrait être presque rayé de la carte.

Christine Fréchette, elle, s’accroche aux indécis, encore 15 % selon Synopsis : « C’est surtout les indécis qu’on peut encore rallier, et il y en a encore beaucoup. » Elle martèle que « l’organisation d’un référendum déplaît à plus de 70 % des Québécois », et multiplie les promesses en région, comme les permis de chasse et de pêche gratuits (50 millions de dollars par an).

En démocratie, tout peut arriver

Un sondage n’est pas un résultat. La dégringolade de la CAQ se lit aujourd’hui dans les intentions de vote. Le 5 octobre, elle peut se confirmer dans les urnes, s’aggraver, ou être en partie démentie. Les Québécois l’ont déjà vécu : en 2007, l’Action démocratique de Mario Dumont bondissait de 5 à 41 sièges et devenait l’opposition officielle ; un an plus tard, elle retombait à 7. Et en 2018, c’est la CAQ elle-même qui surprenait par l’ampleur de sa victoire.

C’est bien pourquoi aucun chef ne crie victoire. Paul St-Pierre Plamondon veut mettre « la pédale au plancher » : il ne se contente pas de ses 30 % et cherche plus d’appuis pour gouverner avec le plus de légitimité possible, en rappelant que la majorité, c’est « surtout la possibilité de remplir ses engagements ». Éric Duhaime, pourtant porté par la vague, le disait lui-même : « il faut rester humble et prudent ». Ruba Ghazal préfère ne pas commenter les chiffres et s’en tenir à son programme. Les meneurs évitent de faire des vagues : une déclaration de trop, à quelques jours du vote, peut suffire à renverser une tendance. La chute de la CAQ en est la preuve.

Les cinq chefs dans le dernier droit

Paul St-Pierre Plamondon (PQ) joue la prudence du favori. Dans une course à cinq partis, reconnaît-il, on ne peut pas espérer rallier huit électeurs sur dix. Il vise les indécis qui veulent du changement, en évitant de faire du référendum le cœur de la dernière semaine.

Charles Milliard (PLQ) en fait au contraire son angle d’attaque. En tournée dans les régions éloignées, il s’en prend à la politique d’immigration du PQ et promet « le changement sans référendum ».

Christine Fréchette (CAQ) refuse de baisser les bras : la campagne « n’est pas terminée », répète-t-elle, malgré la chute dans les sondages et les questions qui continuent sur l’affaire d’ingérence.

Éric Duhaime (PCQ) a le vent dans le dos. Fort dans la région de Québec, il fait maintenant campagne à Victoriaville et en Chaudière-Appalaches, et croit ses chances réelles hors de son bastion.

Ruba Ghazal (QS) mise sur le terrain, avec ses bénévoles mobilisés dans des circonscriptions serrées comme Verdun.

Pendant ce temps, des chefs des Premières Nations réclament que leurs priorités trouvent enfin leur place dans la campagne.

Jour 34 : tous contre le PQ

À six jours du vote, le 29 septembre, le favori est attaqué de toutes parts, et les fédéralistes se disputent le rôle de principal rival.

Charles Milliard (PLQ) vise désormais Éric Duhaime. Il accuse le PCQ de « malhonnêteté intellectuelle » sur ses 47 milliards de dollars de compressions et ses 20 000 suppressions de postes dans la fonction publique, et se présente comme la seule alternative fédéraliste crédible face au PQ.

Éric Duhaime (PCQ) a présenté son plan justice : « Nous sommes le parti de la loi et l’ordre ». Les criminels rembourseraient une partie des coûts du système judiciaire ou feraient des travaux communautaires. Il a aussi affirmé que « plus du tiers » des demandeurs d’asile sont des fraudeurs. La vérification de Radio-Canada montre que la fraude ne concerne que 2,6 % des demandes rejetées. Duhaime refuse de se rétracter.

Ruba Ghazal (QS) lui demande justement de retirer ces propos, et s’adresse aux jeunes électeurs avec la promesse d’un « vrai changement ».

Paul St-Pierre Plamondon (PQ) promet 400 millions de dollars sur quatre ans pour l’éducation alimentaire à l’école et veut abolir les symboles de la monarchie au Québec, en versant le budget du lieutenant-gouverneur à la lutte contre l’itinérance. Il accuse Duhaime de tromper les électeurs de Québec sur le troisième lien, qui ne figure pas dans son cadre financier.

Christine Fréchette (CAQ) fait campagne en Abitibi : 5 millions de dollars par an pour l’entretien des sentiers de motoneige et de VTT, et des permis de chasse et de pêche gratuits pour les Québécois.

En soirée, la bataille de Montréal s’est durcie. Charles Milliard courtise les anciens électeurs de Québec solidaire dans Laurier-Dorion et Verdun : « Nous, on a les pieds bien au centre. » Ruba Ghazal lui reproche de vouloir maintenir la loi actuelle sur la laïcité à l’école, au détriment des femmes qui portent le foulard : « Quel message ça envoie à ces femmes-là, mais quel message ça envoie à leurs enfants ? » Quant à la promesse péquiste d’abolir la monarchie au Québec, des juristes interrogés par Radio-Canada la jugent inconstitutionnelle et difficile à appliquer.

Le référendum, ligne de fracture

C’est la question qui sépare le plus nettement les partis en fin de campagne. Le PQ promet un référendum sur la souveraineté dans un premier mandat. Le PLQ, la CAQ et le PCQ s’y opposent, chacun à sa manière. QS y est favorable, mais en fait moins son thème central. Le sujet s’était déjà imposé lors du débat des chefs, et il pèsera jusqu’au 5 octobre.

Vote par anticipation : un électeur sur quatre a déjà voté

Le vote par anticipation, les 27 et 28 septembre, a attiré 23,6 % des électeurs, soit 1,5 million de Québécois, selon les données préliminaires d’Élections Québec. C’est un peu moins que le record de 2022 (24,8 %). La région de Québec vote plus tôt que les autres : 8 des 10 circonscriptions où la participation anticipée est la plus forte sont dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches. À l’inverse, 8 des circonscriptions où elle est la plus faible sont sur l’île de Montréal.

Comment voter : le guide pratique

Vous êtes citoyen canadien, vous avez 18 ans le jour du vote et vous habitez au Québec depuis au moins six mois ? Vous pouvez voter. Pour les nouveaux citoyens, dont beaucoup de Marocains du Québec, c’est parfois une première (nous en parlions ici).

  • Le jour du vote : lundi 5 octobre, de 9 h 30 à 20 h, dans le bureau de vote indiqué sur votre carte de rappel.
  • Avant le jour J : au bureau de votre directeur du scrutin, le 30 septembre (9 h 30 à 20 h) et le 1er octobre (9 h 30 à 14 h).
  • Pièce d’identité : carte d’assurance maladie, permis de conduire, passeport canadien, certificat de statut d’Indien ou carte d’identité des Forces canadiennes.
  • Pour vérifier votre inscription ou trouver votre bureau de vote : le site d’Élections Québec.

Chaque voix compte, et celles des nouveaux électeurs peuvent faire la différence dans les circonscriptions serrées.

À lire aussi sur Jisr.media, dans notre dossier Élections Québec 2026 :

FAQ

Quand a lieu l’élection au Québec ? Le lundi 5 octobre 2026. Les bureaux de vote sont ouverts de 9 h 30 à 20 h.

Peut-on encore voter avant le 5 octobre ? Oui. Le vote par anticipation dans les bureaux de vote a eu lieu les 27 et 28 septembre, mais on peut encore voter au bureau de son directeur du scrutin le 30 septembre (de 9 h 30 à 20 h) et le 1er octobre (de 9 h 30 à 14 h).

Quelles pièces d’identité faut-il pour voter au Québec ? L’une des pièces suivantes : carte d’assurance maladie, permis de conduire, passeport canadien, certificat de statut d’Indien ou carte d’identité des Forces canadiennes.

Qui est en tête des sondages ? Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon, autour de 30 % dans les trois sondages publiés les 26 et 27 septembre. Le PLQ de Charles Milliard suit, devant le PCQ d’Éric Duhaime, la CAQ de Christine Fréchette et QS de Ruba Ghazal.

Combien de sièges la CAQ pourrait-elle obtenir le 5 octobre ? Très peu, selon les projections. Le sondage Synopsis-La Presse du 27 septembre lui donne 6 sièges, et la projection Qc125 du 29 septembre entre 0 et 6. La CAQ avait 90 sièges en 2022 et 79 à la dissolution. Mais une projection n’est pas un résultat : tout se jouera dans les urnes.

Combien d’électeurs ont voté par anticipation au Québec en 2026 ? Selon les données préliminaires d’Élections Québec, 23,6 % des électeurs, soit environ 1,5 million de personnes, ont voté par anticipation les 27 et 28 septembre, un peu moins que le record de 2022 (24,8 %).

Sources : La Presse, sondage Synopsis, Noovo, trois sondages, La Voix de l’Est, Qc125, CAQ, Le Devoir, la montée puis la chute de la CAQ, Radio-Canada, jour 34, Radio-Canada, 1,5 million d’électeurs par anticipation, Radio-Canada, jour 33, Radio-Canada, vote par anticipation, Le Soleil, Léger, Qc125, FM93, Élections Québec.

Sujets :⚜️ Québec : élections et gouvernement
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📚 Dans ce dossier : Élections Québec 2026
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