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Cessez-le-feu à Gaza, un an après : des morts presque chaque jour, dont des centaines d'enfants

Un an après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, l'appui à Israël s'effondre chez ses alliés, surtout chez les jeunes. Pendant ce temps, frappes, restrictions de l'aide et violences de colons se poursuivent. Que reste-t-il de la trêve?

Cessez-le-feu à Gaza, un an après : des morts presque chaque jour, dont des centaines d'enfants

Manifestations pour la Palestine : Montréal, 13 avril 2025 (theinstantmatrix, CC0) ; Paris, 9 avril 2025 (Guallendra, CC0), Wikimedia Commons. Infographie : Jisr.media

Opinion publique : le soutien à Israël s’effondre aux États-Unis et en Europe

Aux États-Unis, un basculement historique. En février 2026, Gallup constate que, pour la première fois depuis 2001, les sympathies des Américaines et des Américains ne vont plus davantage aux Israéliens qu’aux Palestiniens. 41 % se disent plus proches des Palestiniens, contre 36 % plus proches des Israéliens. 57 % sont favorables à un État palestinien.

Le changement est plus net chez les jeunes. Dans un sondage national mené en février et en mars 2026, 13 % des électeurs et électrices de 18 à 34 ans ont une opinion favorable d’Israël, contre 63 % défavorable. Côté aide militaire, un sondage de l’Université Yale indique que 46 % des jeunes veulent la réduire ou l’arrêter. Même dans la communauté juive américaine, 52 % des personnes interrogées souhaitent réduire ou supprimer cette aide.

Le portrait n’est pas uniforme : chez les républicains, 69 % restent plus proches des Israéliens, contre 13 % des Palestiniens.

En Europe, des opinions publiques sévères. Un sondage YouGov mené en 2025 dans six pays (Royaume-Uni, Danemark, France, Allemagne, Italie, Espagne) donne le même résultat. Seulement 13 à 21 % des personnes ont une opinion favorable d’Israël, contre 63 à 70 % défavorable. Sa popularité nette atteint son plus bas niveau depuis 2016 en Allemagne, en France et au Danemark. Et seules 6 à 16 % des personnes jugent sa réponse à Gaza proportionnée.

Dans les rues, des centaines de milliers de personnes ont marché dans plusieurs villes européennes en juin 2025.

Normalisation Maroc-Israël : un fossé entre l’État et la rue

Le Maroc a normalisé ses relations avec Israël en décembre 2020, en échange de la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara. La décision a été prise au sommet de l’État. Depuis, l’opinion marocaine prend une autre direction.

Dans les sondages. Selon l’Arab Barometer, l’appui à la normalisation était de 41 % en 2021, en partie à cause de la reconnaissance américaine du Sahara. Il est tombé à environ 30 % en 2022, puis à 13 % dans une enquête publiée vers 2025. En 2020, avant l’accord, 88 % des Marocaines et des Marocains interrogés par l’Arab Opinion Index refusaient que leur pays reconnaisse Israël.

Dans la rue. Avant la guerre à Gaza, l’opposition à la normalisation restait limitée. Depuis le 7 octobre 2023, les grandes villes ont vu défiler des foules. À Casablanca, des milliers de personnes ont marché le 1er décembre 2024, puis en mars 2025. À Rabat, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en avril 2025, puis lors d’une marche nationale le 5 octobre 2025. À Tanger, plusieurs milliers de personnes ont défilé en juillet 2024.

Ces marches sont appelées par le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, qui regroupe des partis de gauche et des mouvements islamistes. Le 12 septembre 2025, une coordination d’organisations a compté 105 manifestations dans 56 villes. Ces chiffres de participation viennent des organisateurs et de la presse locale, pas d’un comptage indépendant.

Du côté officiel. Le royaume a appelé à l’arrêt de la guerre à Gaza, sans remettre en question la normalisation. Un professeur de relations internationales à Rabat estime que ces manifestations servent de « soupape de sécurité » plutôt que de levier politique. Des manifestantes et des manifestants ont aussi dénoncé des poursuites visant des opposants à la normalisation.

Un fossé entre l’État et la rue? Les chiffres le suggèrent.

Gaza un an après le cessez-le-feu : 1 467 personnes tuées selon l’OMS, 327 mineurs tués selon Amnistie internationale, 113 camions d’aide par jour contre 600 promis, 53 % à 63 % du territoire sous contrôle israélien

Les chiffres clés, un an après le cessez-le-feu. Sources : OMS, OCHA, Amnistie internationale. Infographie Jisr.media.

Des morts presque chaque jour depuis le cessez-le-feu

Le 10 octobre 2025, le cessez-le-feu entrait en vigueur. Un an plus tard, plus de 100 organisations humanitaires et de défense des droits humains disent qu’il n’existe que sur le papier.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, qui s’appuie sur le ministère de la Santé de Gaza, au moins 1 467 personnes ont été tuées en un an par des opérations israéliennes. Ce ministère est administré par le Hamas, et Israël conteste ce bilan. Il affirme riposter à des violations et dit avoir perdu cinq soldats et un employé civil. Le nombre de morts a toutefois fortement baissé depuis les pires mois de la guerre.

En avril, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme jugeait difficile de concilier ces frappes quotidiennes avec un cessez-le-feu.

Les enfants de Gaza, en première ligne

Selon Amnistie internationale, qui cite les autorités sanitaires de Gaza, au moins 327 mineures et mineurs ont été tués depuis la trêve. L’UNICEF parlait, en janvier, d’environ un enfant tué par jour.

La « ligne jaune » avance

La « ligne jaune » sépare les zones sous contrôle israélien du reste de Gaza. D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), la zone contrôlée par Israël est passée d’environ 53 % à 63 % de la bande de Gaza en un an. Les destructions se sont poursuivies : 9 % de plus de structures complètement détruites.

Aide humanitaire à Gaza : 600 camions promis, 113 comptés

L’accord prévoyait l’entrée de 600 camions d’aide par jour. L’ONU en a compté environ 113 par jour jusqu’en décembre. Israël avance des chiffres bien plus élevés. Il a aussi suspendu l’aide au moins une fois, en réponse à des violations qu’il attribue au Hamas.

Et en Cisjordanie? La violence des colons s’intensifie

La situation se dégrade aussi hors de Gaza. Selon l’OCHA, plus de 3 000 attaques de colons ont eu lieu entre 2025 et la fin de juin 2026. Au 24 juillet, au moins 15 Palestiniennes et Palestiniens avaient été tués par des colons en 2026, contre 16 pour toute l’année 2023.

Selon l’UNICEF, au moins 70 enfants palestiniens ont été tués depuis janvier 2025, dont 93 % par les forces israéliennes. Human Rights Watch rappelle que la Cour internationale de justice a jugé qu’Israël doit évacuer les colons.

Qui garantit l’accord? Ce que disent l’ONU et la justice internationale

En septembre 2025, une commission d’enquête indépendante, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a conclu qu’un génocide se produit à Gaza. Israël rejette cette conclusion. L’Afrique du Sud a saisi la Cour internationale de justice, mais aucune juridiction n’a encore tranché sur le fond.

Un accord sans mécanisme de contrôle, est-ce encore un accord? La communauté internationale a les outils. Pourquoi ne s’en sert-elle pas?

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Sources

Sujets :🕊️ Gaza et Palestine
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