Deux scrutins, à douze jours d’écart, de part et d’autre de l’Atlantique. Le 23 septembre, le Maroc a élu ses 395 députés. Le 5 octobre, le Québec a choisi les 127 membres de son Assemblée nationale. Au-delà des vainqueurs, ces élections ont laissé des chiffres étonnants, parfois cocasses, toujours vérifiés. En voici sept.
79 → 0
sièges pour la CAQ
10 voix
d'écart dans Vachon
23 ans
les benjamins, au Québec et au Maroc
Du pouvoir… à zéro député
Au déclenchement de la campagne, la CAQ comptait 79 députés. Le soir du 5 octobre, elle n’en avait plus aucun. C’est la première fois dans l’histoire du Québec qu’un parti au pouvoir sortant ne fait élire personne. Sa cheffe, Christine Fréchette, première ministre depuis avril seulement, a perdu son propre siège et quitté la direction du parti dès le lendemain. En 2018 puis en 2022, la CAQ de François Legault avait pourtant remporté deux majorités.
Gouverner avec 28 % des voix
Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon a gagné avec 59 sièges sur 127 et 28 % des voix. C’est la première fois qu’un parti dirige le Québec avec moins de 30 % du vote populaire. Autre première : cinq partis ont dépassé 12 % des suffrages. Résultat, un gouvernement minoritaire, à cinq sièges de la majorité, et une Assemblée renouvelée en profondeur, avec 99 nouveaux élus.
Vachon, ou la démocratie à 10 voix près
Le soir du vote, dans Vachon, sur la Rive-Sud de Montréal, la libérale Affine Lwalalika devançait le péquiste Stephan Fogaing de 14 voix : 24,53 % contre 24,49 %. Le lendemain, après la vérification des résultats, l’écart était tombé à 10 voix. Le PQ a demandé un dépouillement judiciaire. La loi le permet quand l’écart entre les deux premiers est inférieur à une voix sur mille. Dans Saint-Henri–Sainte-Anne, à Montréal, le solidaire Guillaume Cliche-Rivard a perdu par 39 voix face au libéral Benoît Clermont, mais a renoncé à contester.
Le saviez-vous ? Dix voix, c'est moins qu'une seule famille élargie. Dans Vachon, chaque électeur resté chez lui pouvait, à lui seul, changer le nom du député.
23 ans : un record québécois battu
Éloïse Coulombe, 23 ans, élue sous la bannière du Parti conservateur du Québec dans Charlesbourg, devient la plus jeune femme jamais élue à l’Assemblée nationale. Le record appartenait à la péquiste Elsie Lefebvre, élue à 25 ans en 2004. Le record absolu, tous sexes confondus, reste à Léo Bureau-Blouin, élu à 20 ans en 2012, au lendemain du printemps étudiant.
23 ans aussi, au Maroc
Douze jours plus tôt, de l’autre côté de l’océan, Atif Tijani devenait le plus jeune député de la nouvelle Chambre des représentants. À 23 ans, tête de liste de l’Istiqlal de Nizar Baraka à Ouarzazate, il a obtenu 7 430 voix et le deuxième des trois sièges de la circonscription. Originaire de Tazenakht, il a fait des études de sciences physiques, puis de gestion financière et comptable, avant de s’engager dans le milieu associatif local.
De Facebook au Parlement
À Midelt, la surprise a un visage connu des réseaux sociaux. Oussama Barik, de son vrai nom Abdelaziz Barik, 28 ans, est né à Imilchil. Enfant, il marchait près de 15 kilomètres pour aller à l’école. Ses vidéos sur Facebook et YouTube montraient le quotidien des villages enclavés de la montagne : routes coupées par la neige, écoles et dispensaires trop loin. Le 23 septembre, il est arrivé en tête avec plus de 32 000 voix, devant des familles politiques installées depuis longtemps. C’est le seul siège obtenu par son parti, le Parti de l’unité et de la démocratie, dans tout le Maroc.
Six sièges, quatre partis, un seul groupe
Avec un ou deux élus chacun, les petits partis pèsent peu à la Chambre. Le 3 octobre, quatre d’entre eux ont donc décidé de mettre leurs sièges en commun : le Front des forces démocratiques (2 sièges), le parti Al Insaf (2), le Parti des néo-démocrates (1) et le Parti de l’unité et de la démocratie d’Oussama Barik (1). Six députés sur 395, réunis pour exister ensemble.
Et la participation ?
Au Québec, 66,9 % des électeurs ont voté. Au Maroc, 38 %. Deux chiffres qui disent beaucoup. Mais dans les deux pays, le message est le même : là où l’écart se joue à 10 voix, ou là où un jeune de la montagne bat les notables, chaque voix compte.
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Questions fréquentes
Quel est le plus petit écart des élections québécoises de 2026 ?
Dans Vachon, sur la Rive-Sud de Montréal : 14 voix le soir du vote, puis 10 voix après la vérification des résultats, entre la libérale Affine Lwalalika et le péquiste Stephan Fogaing. Le PQ a demandé un dépouillement judiciaire.
Qui est le plus jeune député élu au Maroc en 2026 ?
Atif Tijani, 23 ans, élu sous les couleurs de l’Istiqlal dans la circonscription de Ouarzazate avec 7 430 voix. Il est originaire de Tazenakht.
Qui est Oussama Barik ?
De son vrai nom Abdelaziz Barik, c’est un créateur de contenu de 28 ans né à Imilchil, connu pour ses vidéos sur les villages enclavés de la montagne. Il a remporté la circonscription de Midelt, seul siège du Parti de l’unité et de la démocratie.
Sources : Élections Québec, ministère de l'Intérieur du Maroc ; chiffres rapportés par Radio-Canada, Le Devoir, Le Courrier du Sud, Morocco World News, Le Matin et Al Yaoum 24. Résultat de Vachon à confirmer après le dépouillement judiciaire.



