MISE À JOUR — OÙ EN EST-ON AU 6 OCTOBRE ?
Rien n'est encore officiel, mais le scénario « sans le RNI » prend le dessus. Selon plusieurs médias marocains, le PAM de Fatima Ezzahra El Mansouri privilégie désormais une alliance avec les trois partis de la nouvelle version très modérée de la Koutla : PAM (97) + Istiqlal (65) + USFP (26) + PPS (19) = 207 sièges, soit 9 de plus que la majorité.
L'Istiqlal de Nizar Baraka a déjà dit oui. Le PPS de Nabil Benabdallah n'a pas encore tranché : son comité central a seulement mandaté le bureau politique pour poursuivre les négociations, au terme d'un débat vif entre partisans du gouvernement et de l'opposition. Le Mouvement populaire a choisi l'opposition.
L'USFP de Driss Lachgar, reçu le 5 au soir par El Mansouri, discute déjà des portefeuilles : le bureau politique se réunit ce 6 octobre, et le conseil national est convoqué samedi. Mais la contestation gronde dans les rangs ittihadis : selon la presse marocaine, une majorité du conseil national serait réticente à entrer au gouvernement, et des voix internes réclament la démission de la direction et un congrès extraordinaire. Selon nos sources, certains militants soupçonnent même Driss Lachgar de chercher un portefeuille pour sa fille, Khaoula Lachgar, membre du bureau politique. L'intéressé ne s'est pas exprimé sur ce point.
Quant au RNI de Mohamed Chaouki, il reste candidat, mais il semble aujourd'hui hors des calculs. Jisr.media reviendra sur la composition finale dès qu'elle sera annoncée.
Fatima Ezzahra El Mansouri a un problème d’arithmétique. Pour gouverner, il lui faut 198 députés sur 395. Son parti, le PAM, en a 97. Avec l’Istiqlal de Nizar Baraka (65 sièges), elle arrive à 162. Il en manque 36.
Le partenaire le plus évident est là, sur la table : le RNI de Mohamed Chaouki et ses 66 députés. Il se dit prêt. Mais c’est le PAM qui hésite.
Le RNI frappe à la porte… le PAM la ferme ?
Samedi 3 octobre, à quelques kilomètres d’intervalle, deux conseils nationaux ont pris des chemins opposés.
À Rabat, le RNI se déclare « prêt à participer » au gouvernement et donne mandat à Mohamed Chaouki pour négocier. Le président du parti nuance : la participation « n'est pas une fin en soi ».
À Skhirat, le PAM vote à l'unanimité contre une alliance avec le RNI, selon plusieurs médias marocains. Devant ses militants, Fatima Ezzahra El Mansouri lance : « Pas de gouvernement avec les Indépendants ». Hicham El Mhajri, membre du bureau politique, est applaudi quand il met son veto au RNI comme au PJD d'Abdelilah Benkirane.
Mais la décision finale est confiée à quatre personnes : El Mansouri, Fouzi Lekjaa, Abdellatif Ouahbi et Ahmed Akhchichine. Et le PAM n'a publié aucune résolution officielle excluant le RNI. Le même jour, Nizar Baraka a d'ailleurs annoncé l'exclusion du RNI devant l'Istiqlal… avant de se rétracter quelques minutes plus tard.
La première rencontre entre le PAM et le RNI, au début des consultations, n’aurait duré qu’une quinzaine de minutes, selon des sources citées par la presse. Le message est clair : après une campagne où les deux partis se sont attaqués durement, le divorce n’est pas encore digéré.
Au RNI, qui veut une place à la table ?
Le RNI sort affaibli du 23 septembre : il passe de 102 à 66 sièges, dans le premier scrutin sans Aziz Akhannouch à sa tête. Avant même le vote, le parti avait connu des départs, dont celui de la maire de Rabat, Fatiha El Moudni.
Pour entrer au gouvernement : Rachid Talbi Alami, Mohamed Oujjar et Mustapha Baitas ont plaidé publiquement pour la participation, au nom de « la continuité » des réformes et de l'État social lancés sous Aziz Akhannouch.
Contre : d'autres voix, non nommées dans la presse, refusent de s'allier à un PAM qui les a attaqués violemment pendant la campagne. Pour elles, l'opposition serait plus digne.
Pour l’instant, la fracture la plus visible n’est pas au RNI, mais au PAM, contre le RNI. La vraie question est la suivante : si le parti de Mohamed Chaouki est définitivement écarté, ceux qui comptaient sur un ministère accepteront-ils de passer cinq ans dans l’opposition ? C’est là que le RNI pourrait se diviser.
Le RNI ne choisit plus s’il gouverne. C’est le PAM qui choisit pour lui.
Sans le RNI, quelle majorité ?
| Scénario | Sièges | Majorité (198) ? |
|---|---|---|
| PAM (97) + Istiqlal (65) | 162 | Non |
| + RNI (66) | 228 | Oui, confortable |
| + Mouvement populaire (29) + USFP (26) | 217 | Oui |
| + USFP (26) + PPS (19) | 207 | Oui, de justesse |
Sièges : résultats officiels des législatives du 23 septembre 2026.
Sans le RNI, Fatima Ezzahra El Mansouri devra donc réunir au moins quatre partis. Où en sont-ils ?
- L’Istiqlal de Nizar Baraka : son conseil national a approuvé la participation à l’unanimité.
- Le Mouvement populaire de Mohamed Ouzzine (29 sièges) : les signaux se contredisent. Certains comptes rendus parlent d’une orientation vers l’opposition, d’autres d’un mandat donné à son secrétaire général pour négocier.
- L’USFP de Driss Lachgar (26 sièges) : il entretient le suspense.
- Le PPS de Nabil Benabdallah (19 sièges) : il « n’a pas encore tranché ».
- Le PJD d’Abdelilah Benkirane (54 sièges) : écarté d’avance par une partie du PAM.
- L’Alliance de la gauche (8 sièges) : elle a choisi l’opposition.
Plus il y a de partenaires, plus les portefeuilles sont difficiles à partager, et plus la majorité est fragile. C’est tout le dilemme : une coalition confortable avec un RNI que la base du PAM rejette, ou une coalition à quatre, plus large mais plus délicate à tenir.
Dans l’ombre des tractations : une opposition sur mesure ?
Les calculs de sièges ne disent pas tout. Dans les milieux politiques, des voix poussent certains partis dits « administratifs » à rester dans l'opposition de Sa Majesté. Objectif prêté à cette manœuvre : occuper les bancs de l'opposition et faire de l'ombre aux deux forces qui dérangent, l'Alliance de la gauche du duo Abdeslam El Aziz et Jamal El Asri, et le PJD d'Abdelilah Benkirane.
Pendant ce temps, ceux qui détiennent le vrai pouvoir, celui qui ne passe pas par les urnes, regardent la scène partisane s'agiter. Et parient sans doute sur de nouvelles divisions, jusque dans le petit groupe de la gauche.
Avec huit députés, l'Alliance de la gauche n'a pas droit à l'erreur. Elle devra apprendre à gérer les ego et rester humble, si elle veut que sa percée du 23 septembre serve à autre chose qu'à remplir la vitrine.
Un gouvernement avant le 9 octobre ?
Le vendredi 9 octobre, le Roi ouvrira la session parlementaire. La Constitution n’exige pas qu’un gouvernement soit formé avant cette date : le Parlement ouvrira de toute façon.
Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée le 1er octobre et a entamé, ce lundi 5 octobre, sa deuxième ronde de consultations. En 2021, Aziz Akhannouch avait mis 27 jours pour former son équipe, présentée la veille de l’ouverture du Parlement. Former un gouvernement en quatre jours, sans le RNI et avec quatre partenaires, relèverait de l’exploit. C’est possible, mais peu probable.
Jisr.media suivra chaque étape, jusqu’à l’annonce de la nouvelle équipe.
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FAQ
Combien de sièges faut-il pour former un gouvernement au Maroc ? La majorité absolue à la Chambre des représentants est de 198 sièges sur 395. Le PAM (97) et l’Istiqlal (65) n’en totalisent que 162.
Le RNI fera-t-il partie du gouvernement El Mansouri ? Rien n’est tranché. Le RNI s’est dit prêt le 3 octobre, mais le conseil national du PAM a voté contre une alliance avec lui le même jour. La décision finale revient à Fatima Ezzahra El Mansouri et à trois dirigeants du PAM.
Le gouvernement sera-t-il formé avant le 9 octobre ? C’est incertain. Le Parlement ouvrira de toute façon le 9 octobre : la Constitution n’exige pas qu’un gouvernement soit formé avant. Fatima Ezzahra El Mansouri a entamé sa deuxième ronde de consultations le 5 octobre.
Sources : communiqués des conseils nationaux du RNI, du PAM, de l’Istiqlal et du Mouvement populaire (3 octobre 2026) ; résultats officiels du ministère de l’Intérieur ; presse marocaine.







