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📚 Dossier : Élections Maroc 2026

Résultats des législatives 2026 au Maroc : PAM 97 sièges, RNI 66, Istiqlal 65, PJD 54, gauche 8

Selon les résultats provisoires du ministère de l'Intérieur, le PAM arrive en tête des législatives du 23 septembre avec 97 sièges sur 395, devant le RNI (66), qui perd 36 sièges, et l'Istiqlal (65). Le PJD passe de 13 à 54 sièges, l'Alliance de la gauche de 2 à 8. Participation : 38,02 %.

Résultats des législatives 2026 au Maroc : PAM 97 sièges, RNI 66, Istiqlal 65, PJD 54, gauche 8

Logo officiel des élections législatives 2026 — capture d'écran télévisée · Affiche de l'Alliance de la gauche annonçant l'élection de Souad Frikech

Mise à jour : le Roi a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement le 29 septembre (lire). Le Parlement s’est ouvert le 9 octobre (lire notre décryptage). Côté gauche, l’Alliance a confié la coordination de son regroupement parlementaire à Nabila Jalal (lire). Le gouvernement El Mansouri compte aujourd’hui 31 membres : la liste des ministres et ce qui change.

Législatives 2026 au Maroc : le PAM en tête avec 97 sièges, le RNI chute, le PJD revient, l’Alliance de la gauche quadruple sa présence

Le Parti authenticité et modernité (PAM) remporte les élections législatives du 23 septembre. Selon les résultats provisoires annoncés dans la nuit par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, il obtient 97 sièges sur 395. Le grand perdant est le RNI d’Aziz Akhannouch, vainqueur en 2021 : il tombe de 102 à 66 sièges.

Résultats provisoires, annoncés le 24 septembre à 3h42, heure du Maroc (23h42 à Montréal). Ils deviendront définitifs après l’examen d’éventuels recours par la Cour constitutionnelle.

Les résultats, parti par parti

Parti Sièges 2026 Sièges 2021 Écart
PAM (Authenticité et modernité) 97 87 +10
RNI (Rassemblement national des indépendants) 66 102 −36
Istiqlal 65 81 −16
PJD (Justice et développement) 54 13 +41
Mouvement populaire 29 28 +1
USFP (Union socialiste des forces populaires) 26 34 −8
PPS (Progrès et socialisme) 19 22 −3
Union constitutionnelle 17 18 −1
Mouvement démocratique et social 8 —
Alliance de la gauche (FGD-PSU) 8 2 +6
Front des forces démocratiques 2 —
Parti de l’équité 2 —
Démocrates nouveaux 1 —
Parti de l’unité et de la démocratie 1 —
Total 395 395

Source : ministère de l’Intérieur, résultats provisoires, via Alyaoum24 et Le Desk. Résultats 2021 : chiffres officiels.

Le RNI perd 36 sièges. Le PJD en gagne 41.

Trois mouvements à retenir

La chute du RNI. Le parti qui dirigeait le gouvernement depuis 2021 perd plus du tiers de ses sièges. Aziz Akhannouch ne se représentait pas, et le parti arrive deuxième, loin derrière le PAM. Nous avions fait le bilan de ces cinq années et documenté les conflits d’intérêts reprochés à l’ancien chef du gouvernement.

Le retour du PJD. Effondré en 2021 avec 13 sièges, le parti à référentiel islamiste en retrouve 54 et redevient la quatrième force du Parlement.

La percée de l’Alliance de la gauche. Elle passe de 2 à 8 sièges (voir plus bas).

Qui peut gouverner ?

La majorité absolue est de 198 sièges. Selon l’article 47 de la Constitution, le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête : le PAM. Avec 97 sièges, il devra trouver des alliés.

Quelques calculs simples, à titre indicatif :

Coalition possible Sièges
PAM + RNI + Istiqlal (la majorité sortante) 228
PAM + Istiqlal + PJD 216
PAM + RNI + Mouvement populaire 192 (sous la majorité)

La majorité sortante garderait donc la majorité, mais avec un rapport de force inversé : c’est désormais le PAM, et non plus le RNI, qui mènerait.

La gauche : l’Alliance de la gauche multiplie sa représentation par quatre

C’est l’une des surprises du scrutin. L’Alliance de la gauche (FGD-PSU) obtient 8 sièges. Depuis 2016, la gauche de la FGD et du PSU n’avait jamais dépassé 2 sièges : deux en 2016, deux encore en 2021 (un pour chaque parti). Sa représentation est donc multipliée par quatre.

Nous avions expliqué son programme et publié l’analyse du Dr Ali Boutouala, qui se demandait si l’Alliance allait créer la surprise.

Une élue issue des Marocains du monde. Souad Frikech, tête de la liste régionale de l’Alliance à Rabat-Salé-Kénitra, est élue avec environ 21 000 voix, selon l’Alliance de la gauche. Secrétaire générale du FORIM et présidente de l’Association des Marocains en France, elle est l’une des rares figures issues des Marocains du monde à entrer à la Chambre des représentants. Dans l’entretien qu’elle nous avait accordé, elle défendait les liens entre la diaspora et les territoires marocains.

Participation : 38,02 %, la plus basse depuis 2007

La participation a progressé lentement toute la journée : 4,23 % à 10h, 11,34 % à midi, 21 % à 15h, 28,05 % à 17h, puis 38,02 % à la clôture. C’est le taux le plus bas depuis 2007 (37 %), après 45,4 % en 2011, 42,29 % en 2016 et 50,18 % en 2021. Nous avions suivi la journée de vote heure par heure.

Au-delà du pourcentage : 6 millions de votants sur près de 28 millions de Marocains en âge de voter

Le taux de 38,02 % se calcule sur les inscrits. Mais tous les Marocains en âge de voter ne sont pas inscrits. Mis bout à bout, les chiffres racontent une autre histoire (calculs de jisr.media) :

Nombre
Marocains en âge de voter environ 27,8 millions
Inscrits sur les listes électorales 15 801 162
Votants le 23 septembre 6 004 442
Inscrits qui n’ont pas voté 9 796 720
Marocains en âge de voter qui n’ont pas voté (non-inscrits compris) 21 795 558

Autrement dit, environ 21,6 % des Marocains en âge de voter ont voté, soit à peu près un sur cinq. Le futur gouvernement sera issu des voix de 6 millions de personnes, dans un pays qui compte près de 28 millions d’adultes.

Près de 12 millions de Marocains en âge de voter ne figurent même pas sur les listes. Chez les jeunes, c’est encore plus net : selon les données publiées cet été, seuls 474 000 jeunes de 18 à 24 ans étaient inscrits, sur 3,89 millions, soit environ 12 %.

Environ un Marocain en âge de voter sur cinq a voté le 23 septembre.

Ce décalage n’est pas propre au Maroc, mais il pèse sur la légitimité de la future majorité. Nous l’avions souligné avant le scrutin, en posant la question d’un électeur sur trois pour gouverner.

Derrière les gagnants, la question de la légitimité

Le pouvoir veut cacher la faiblesse du taux de participation derrière la montée du PJD, le vote sanction contre le RNI et la montée progressive de la gauche. Mais la question de la légitimité de ce scrutin s’impose d’elle-même. Le premier chiffre de cette élection, c’est 38,02 % de participation.

Mis bout à bout, les chiffres posent une question simple. Environ 6 millions de Marocains ont voté, sur près de 28 millions en âge de voter. Le parti arrivé en tête, le PAM, obtient moins d’un quart des sièges (97 sur 395). Et la future majorité, quelle qu’elle soit, gouvernera au nom d’un électorat qui représente à peu près un adulte sur cinq.

Une majorité parlementaire, oui. Une majorité de la population, non.

La question est politique : comment gouverner avec un mandat aussi étroit, dans un pays où près de 12 millions d’adultes ne sont même pas inscrits et où les jeunes restent massivement en dehors des listes ? C’est la question que le prochain gouvernement ne pourra pas éviter, et que nous avions déjà posée avant le scrutin.

Et les Marocains du monde ?

L’élection de Souad Frikech est un signal fort, mais elle ne change pas la règle : aucun des 395 sièges n’est réservé aux Marocains du monde, qui ne pouvaient voter que par procuration. Elle a été élue sur une liste régionale au Maroc, comme n’importe quelle candidate. Nous l’avons montré dans notre article sur la couverture internationale du scrutin.

FAQ

Qui a gagné les législatives 2026 au Maroc ? Le PAM (Parti authenticité et modernité), avec 97 sièges sur 395 selon les résultats provisoires du ministère de l’Intérieur, devant le RNI (66) et l’Istiqlal (65).

Quel est le taux de participation final aux législatives 2026 au Maroc ? 38,02 %, selon le ministère de l’Intérieur, contre 50,18 % en 2021. C’est le taux le plus bas depuis 2007.

Combien de sièges pour l’Alliance de la gauche ? 8 sièges, contre 2 en 2016 et en 2021 : sa représentation est multipliée par quatre.

Qui va former le gouvernement ? Selon l’article 47 de la Constitution, le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête, ici le PAM. Celui-ci doit ensuite réunir une majorité d’au moins 198 sièges.

Sources : ministère de l’Intérieur (résultats provisoires et participation, via Alyaoum24, Le Desk, Sky News Arabia), calculs de jisr.media (votants et population en âge de voter), Médias24 (inscription des 18-24 ans), résultats officiels de 2021 et 2016.

Sujets :🗳️ Élections et gouvernement au Maroc
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📚 Dans ce dossier : Élections Maroc 2026
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