lundi 31 août 2026🤝 Partenaire ou annonceur ? Contactez-nous →
NewsletterÀ propos🌐 Accueil
Publicité
📢Espace publicitaire728×90 — Leaderboard · AdSense / Ezoic
🗳️ ÉLECTIONS
🔴 EN DIRECT
Politique & Société

Mariage des mineures : un angle mort du droit international

Pendant que le Maroc débat de la réforme de son article 20, un autre pays affiche un paradoxe bien plus troublant : les États-Unis, première puissance mondiale, laissent leur système d'immigration faciliter des mariages impliquant des enfants — sans jamais avoir ratifié la Convention internationale des droits de l'enfant. Un angle mort qui concerne directement les familles marocaines établies à l'étranger.

Mariage des mineures : un angle mort du droit international

La faille américaine

Aux États-Unis, aucune loi fédérale n’interdit clairement le mariage des mineurs : chaque État fixe ses propres règles, souvent avec des exceptions (consentement parental, autorisation judiciaire). Mais le vrai problème documenté se situe ailleurs : dans le droit de l’immigration. Un rapport d’enquête du Sénat américain a révélé qu’entre 2007 et 2017, l’agence de l’immigration (USCIS) a approuvé 8 686 pétitions permettant à un mineur — ou pour un mineur — d’obtenir un visa de conjoint ou de fiancé, sans qu’aucun âge minimum ne soit exigé par la loi. Parmi les cas recensés : un citoyen américain de 71 ans dont la pétition pour une « conjointe » de 17 ans a été approuvée. Au moins 4 749 conjoints ou fiancés mineurs ont ainsi obtenu la résidence permanente en une décennie.

Le poids de la non-ratification

Ce n’est pas un hasard si un tel système a pu perdurer : les États-Unis sont le seul pays au monde à ne pas avoir ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), signée en 1995 mais jamais soumise au vote du Sénat. Sans cet ancrage juridique international, aucun standard fédéral n’oblige à traiter un mariage avant 18 ans comme une atteinte aux droits de l’enfant — ce qui laisse le champ libre au patchwork actuel, État par État.

Et du côté des Marocains du Monde ?

Le Maroc, de son côté, avance dans la direction inverse : sa réforme en cours de la Moudawana prévoit un encadrement plus strict du mariage des mineurs, et des dispositions spécifiques pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE) — principalement la simplification de la légalisation des actes de mariage conclus à l’étranger et une clarification des droits de succession dans les mariages mixtes. Il n’existe cependant, à ce stade, aucune preuve documentée d’un lien entre ces dispositions MRE et un contournement de l’âge légal du mariage : la règle des 17 ans dérogatoires s’applique à tous les Marocains, MRE compris, sans régime distinct.

Deux systèmes, un même constat

Le contraste est net : un pays qui n’a jamais reconnu internationalement les droits de l’enfant et où l’immigration peut faciliter des unions impliquant des mineurs ; un autre qui reste engagé dans une réforme progressive, sous la pression conjointe de la société civile et d’une exigence constitutionnelle d’égalité. Pour prendre la mesure du débat marocain sur l’article 20 et ses enjeux internes, voir notre article Article 20 : le débat sur le mariage des mineures relancé au Maroc.

Partager cet article :
FacebookX / Twitter
📰 À lire aussi
Élections

Maroc 2026 : la flambée mondiale des carburants frappe les citoyens, épargne les grands distributeurs

Le blocage du détroit d'Ormuz a propulsé le baril à 95 dollars et les prix à la pompe marocains à des niveaux records. Mais l'aide de l'État ne touche que les transporteurs professionnels, pas les citoyens ordinaires — pendant que le distributeur dominant du marché, propriété de la famille du chef du gouvernement, reste structurellement le mieux placé pour profiter de la hausse.

Élections

Maroc 2026 : 33 partis, un électeur sur trois — quelle légitimité pour gouverner le Maroc de 2040 ?

Troisième volet côté Maroc : le paysage politique n'a jamais compté autant de partis, mais la participation réelle — mesurée sur l'ensemble des Marocains en âge de voter, pas seulement les inscrits — tourne autour d'un électeur sur trois. À l'approche du 23 septembre, la vraie question n'est peut-être plus qui va gagner, mais avec quelle légitimité on gouvernera le Maroc des années 2030 et 2040.

Éco & Investir

Toutes origines confondues : quand la crise économique frappe d'abord les plus récemment arrivés

Une guerre commerciale n'a pas de passeport, mais elle ne frappe pas tout le monde de la même manière. Retour sur un angle encore peu documenté du dossier Canada–États-Unis : les emplois de premier échelon, occupés en priorité par les nouveaux arrivants, sont aussi les premiers exposés au ralentissement — avec un effet direct jusque dans les foyers marocains qui dépendent des transferts de fonds.

Élections

Québec 2026 : la course se resserre — et une annonce sur l'immigration qui tourne à la controverse

Troisième arrêt dans notre suivi de la campagne : les sondages montrent une élection toujours grande ouverte entre le PQ et la CAQ, le PQ hausse le ton sur l'immigration avec un plan de réduction plus dur qu'annoncé — au point de provoquer une controverse sur la méthode — pendant que l'environnement et la santé s'invitent aussi dans le débat.

Élections

Maroc 2026 : les Marocains du monde pourront voter par procuration, mais restent quasi absents comme candidats

À trois semaines des législatives du 23 septembre, un premier bilan pour les Marocains du monde : pas de vote en personne depuis l'étranger, mais un système de procuration entièrement dématérialisé ouvert jusqu'au 22 septembre ; et côté candidatures, quelques rares profils MRE sur les listes des partis, pendant que le CCME relance, une fois de plus, la demande de circonscriptions dédiées à l'étranger.

← Retour aux actualités
Publicité
📢Bannière footer728×90 — Footer Leaderboard · AdSense