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Récits de la mémoire
📚 Dossier : Récits de la mémoire

Récits de la mémoire (4/7) — Le lycée Abdelkrim Lahlou, forteresse unioniste

Quatrième épisode de « Récits de la mémoire », la série de Charaf Rifai. En 1973, direction le lycée Abdelkrim Lahlou à Casablanca, « forteresse unioniste » où se côtoient militants de l'UNFP et étudiants marxistes-léninistes — jusqu'à la mort d'Omar Benjelloun et la fermeture des sections arabisées.

Récits de la mémoire (4/7) — Le lycée Abdelkrim Lahlou, forteresse unioniste

Récits de la mémoire (4/7) — Le lycée Abdelkrim Lahlou, forteresse unioniste

Chaque jour cette semaine, jisr.media publie un nouvel épisode de « Récits de la mémoire », la série de Charaf Rifai. Docteur en chimie formé à l’université de Toulouse, resté engagé des deux côtés de la Méditerranée, il a été élu adjoint au maire en France pendant douze ans et milite aujourd’hui au sein de la Fédération de la Gauche Démocratique. Dans cette série, il revient sur les moments qui ont façonné sa trajectoire — entre le Maroc de son enfance et la France où il a construit sa vie.


Récit 4

Une fois obtenu le brevet du premier cycle secondaire à l’école El Hassania de Boujaad, j’ai rejoint le lycée Abdelkrim Lahlou à Casablanca, en internat au lycée Mohammed V, pour poursuivre mes études dans les filières scientifiques — sciences expérimentales arabisées. C’était en 1973.

Le lycée Abdelkrim Lahlou était une forteresse unioniste par excellence. Outre son directeur de l’époque, Ahmed Domdoumi, unioniste authentique, la majorité du corps enseignant était composée de cadres et de militants du parti de l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP), tout comme les élèves encadrés au sein de la Jeunesse unioniste et du Syndicat national des élèves. Parmi les animateurs des slogans que nous scandions pendant les récréations : feu l’avocat Amimi, élu membre du comité central du Parti de l’Avant-garde démocratique et socialiste lors du quatrième congrès, et mon cher ami, l’écrivain et journaliste éminent Si Abderrahim Tourani, que Dieu lui prête santé.

Voilà pour le lycée Abdelkrim Lahlou. À l’internat du lycée Mohammed V, en revanche, l’ambiance était bien différente : c’était une forteresse du mouvement marxiste-léniniste, dans ses deux courants — l’organisation « Ila Al Amam » et l’organisation « 23 Mars ».

En 1975, nous avons été transférés à l’internat du lycée Moulay Abdellah, au quartier de l’Hermitage. J’ai assisté aux funérailles et à la foule immense qui a accompagné celles du défunt — du martyr — Omar Benjelloun, ainsi qu’à la prière funéraire célébrée à la mosquée Assouna. L’année suivante, en 1976, les sections arabisées du lycée Abdelkrim Lahlou ont été fermées et nous avons été rattachés au lycée Al Azhar, dirigé alors par Hachemi Filali, membre du comité exécutif du parti de l’Istiqlal, qui deviendra plus tard ministre des Habous et des Affaires islamiques. Hachemi était un personnage singulier : des discours virtuoses sur la défense de l’école publique et de l’arabisation, alors que ses propres enfants — comme ceux du leader Allal El Fassi et d’Abdelkrim Ghallab — étaient scolarisés dans les écoles des missions françaises, comme le lycée Lyautey et le lycée Charles de Foucauld, situé dans la même rue que le lycée Abdelkrim Lahlou.

— À suivre demain : le cinquième récit.

Sujets :🌍 Marocains du monde et diaspora📖 Mémoire et histoire
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