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📚 Dossier : OCP/UM6P : enquête sur le financement

Enquête OCP/UM6P, volet 8 : 38 milliards, aucun compte publié. Qui contrôle l'argent de l'UM6P ?

Fin 2025, le capital de l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) atteignait près de 38 milliards de dirhams, apportés par la Fondation OCP et, depuis peu, par une filiale de l'OCP. Mais l'université ne publie ni budget ni comptes, et les mêmes dirigeants siègent des deux côtés. Qui contrôle cet argent ?

Enquête OCP/UM6P, volet 8 : 38 milliards, aucun compte publié. Qui contrôle l'argent de l'UM6P ?

Infographie Jisr.media — source : OCP SA, document de référence 2025 (AMMC)

Fin 2025, le capital de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) atteignait près de 38 milliards de dirhams, apportés par la Fondation OCP et, depuis peu, par une filiale de l’OCP. Mais l’université ne publie ni budget ni comptes, et les mêmes dirigeants siègent des deux côtés. Qui contrôle cet argent ?

NOTRE DÉMARCHE

Jisr.media ne cherche ni scandale personnel ni règlement de comptes. Notre seule motivation est la vérité : dénoncer les abus lorsqu'ils sont vérifiés et sourcés, sans complaisance envers quiconque. Chaque personne et chaque institution mise en cause peut répondre, et ses réponses sont publiées.

Ce volet s’appuie sur un document officiel : le document de référence de l’OCP pour l’exercice 2025, enregistré par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) le 4 juin 2026. Ce sont les chiffres de l’OCP lui-même. Les pages citées renvoient à ce document.

Une université « privée » de 38 milliards

L’UM6P est une société anonyme. Le document la range dans la catégorie « enseignement supérieur privé » (p. 40). Son capital s’élève à 37 984 651 648 DH au 31 décembre 2025 (p. 85), soit près de 38 milliards. Il était de 32 milliards après l’augmentation de mars 2023.

Ses actionnaires :

  • la Fondation OCP, une association à but non lucratif, à 97,5 % ;
  • OIFFA (OCP Innovation Fund For Agriculture), une filiale à 100 % de l’OCP, à 2,5 %. C’est nouveau : pour la première fois, l’OCP entre directement au capital de l’université, et pas seulement par sa fondation. OIFFA détient aussi 21 % d’InnovX et 30 % de Fluoralpha, deux sociétés du groupe UM6P.

À ce capital s’ajoutent les campus, payés par l’OCP (p. 170-171, en milliards de DH) :

2023 : Rabat et Benguérir

Engagé6,61
Payé5,91

2024 : Rabat et Benguérir

Engagé6,89
Payé6,26

2025 : Rabat, Benguérir et Laâyoune

Engagé4,94
Payé2,08

Total 2023-2025

Engagé18,44
Payé14,25

Ces 14,25 milliards confirment le chiffre de notre volet 3. Un nouveau campus apparaît à Laâyoune, avec 911 millions de DH engagés en 2025.

Que représentent 38 milliards ?

Un chiffre de cette taille ne dit rien tant qu’on ne le compare pas. Voici ce que représentent 38 milliards de DH, aux coûts publiés par l’État et ses établissements :

23 600 km

de routes et pistes rurales

Le programme de réduction des disparités en milieu rural (2017-2023) a consacré 35,4 milliards à environ 22 000 km. 38 milliards, c'est plus que tout ce volet routier.

6,7 millions

de ruraux raccordés à l'eau potable

Au coût d'un projet récent de l'ONEE à El Hajeb (6,5 millions de DH pour 1 152 habitants, 2025). Près de la moitié de la population rurale du Maroc.

≈ 3 000

écoles, collèges et lycées

Au coût moyen du programme national 2025 (181 établissements pour 2,3 milliards, soit 12,7 millions chacun). Seize fois ce programme.

21 000

médecins débutants payés pendant 10 ans

À environ 180 000 DH net par an (estimation). Le Maroc compte 34 173 médecins, public et privé confondus.

≈ 11 mois

du budget du ministère de la Santé

42,4 milliards de DH en 2026. Ou environ six CHU de la taille d'Ibn Sina à Rabat.

760 000

emplois au SMIG pendant un an

Ou 76 000 emplois pendant dix ans, à environ 50 000 DH par an, charges comprises (estimation). Ou six années entières du budget de l'OFPPT.

Ce sont des équivalences, pas une accusation. Le capital de l’UM6P s’est accumulé sur plus de dix ans, et l’université forme aussi des jeunes Marocains. Mais ces comparaisons posent la vraie question, qui est démocratique : qui a décidé que ces sommes d’origine publique iraient là plutôt qu’aux routes, à l’eau ou aux écoles des régions enclavées, et devant qui en rend-on compte ?

D’où vient l’argent ?

L’OCP appartient à 94,12 % à l’État marocain (p. 18). Chaque dirham versé à la Fondation OCP ou à l’UM6P est donc un dirham qui ne remonte pas au Trésor public. Ce n’est pas illégal. Mais cela fait de cet argent, à l’origine, de l’argent public.

Le document le traite d’ailleurs comme tel dans ses comptes : tout « l’écosystème UM6P » est consolidé à 100 % dans les comptes du groupe (p. 217-218). On y trouve l’université, son fonds de dotation (Endowment), UM6P France, son bureau de Paris, UM6P Hospital, UM6P Ventures, InnovX et ses filiales, et le fonds Bidra aux États-Unis (notre volet 4). Pour l’OCP, l’UM6P est une filiale comme une autre. Pour le public, c’est une boîte noire.

Deux lignes des comptes donnent un ordre de grandeur des transferts (p. 227 et 232) :

  • les subventions accordées : 2,17 milliards de DH en 2023, 1,32 en 2024, 1,30 en 2025 ;
  • les cotisations et dons : 336, 595 puis 902 millions de DH, en hausse « principalement chez la Fondation OCP », selon le document.

La boucle : l’université actionnaire de son financeur

C’est l’un des faits les plus étonnants du document. L’OCP finance la Fondation OCP. La Fondation détient l’UM6P. L’UM6P détient l’UM6P Endowment Holding. L’Endowment détient la SADV (Société d’Aménagement et de Développement Vert), qui aménage la Ville Verte de Benguérir. Et la SADV détient 0,88 % du capital de l’OCP (p. 18-19 et 83).

Résultat : l’OCP verse chaque année des dividendes à une société de l’UM6P. 64 millions de DH en 2023, 66 millions en 2024, 65 millions en 2025. L’argent fait une boucle.

Le siège de la SADV est au 2, rue Al Abtal, à Casablanca : la même adresse que le siège de l’OCP (p. 83).

Le document ne dit pas comment la SADV a acquis ces actions, à quelle date, à quel prix, ni à quoi servent ces dividendes.

Les mêmes noms, des deux côtés

Qui décide de ces transferts ? Le document répond en partie (p. 40-52) :

  • Mostafa Terrab est PDG et président du conseil d’administration de l’OCP. Il est aussi président du conseil d’administration de la Fondation OCP et administrateur de l’UM6P SA (p. 40).
  • Hicham El Habti préside l’UM6P depuis 2020. Depuis 2026, il siège aussi à la direction de l’OCP, comme directeur général chargé de l’innovation et de l’apprentissage (p. 49 et 51).
  • Younes Kchia, ancien directeur général délégué de l’UM6P, est directeur financier de l’OCP depuis 2026 (p. 52).

Celui qui donne, celui qui reçoit et celui qui tient les comptes viennent donc du même cercle. Ce n’est pas interdit. Mais c’est précisément le cas que les règles de gouvernance cherchent à encadrer.

Le conseil d’administration de l’OCP compte six ministres. Ses premiers administrateurs indépendants n’ont été nommés que le 12 janvier 2026, dix-huit ans après la transformation de l’OCP en société anonyme. Le comité d’audit n’est présidé par une administratrice indépendante que depuis le 12 mars 2026 (p. 39-47).

« Aucune convention réglementée »

La loi sur les sociétés anonymes (loi 17-95, article 56) impose une procédure spéciale pour les conventions entre une société et ses dirigeants, ou avec une entreprise qu’ils dirigent : autorisation préalable du conseil, rapport spécial des commissaires aux comptes, vote des actionnaires.

Le document de l’OCP est clair (p. 46) : « Aucune convention entre la Société et ses mandataires sociaux, et rentrant dans le champ d’application de l’article 56 de la loi 17-95 […], n’a été conclue au cours des trois derniers exercices. »

Pourtant, l’OCP finance chaque année une fondation présidée par son propre PDG, qui détient une université où ce même PDG est administrateur. Ces flux n’entrent-ils pas dans le champ de l’article 56 ? La loi exclut les « opérations courantes conclues à des conditions normales ». Verser des milliards à une fondation est-il une opération courante ? Le document ne l’explique pas. Nous avons posé la question à l’OCP.

Qui vérifie ?

C’est la question centrale. Les comptes de l’OCP sont audités, publiés et contrôlés par l’AMMC. Ceux de l’UM6P et de la Fondation OCP ne le sont pas, du moins publiquement :

  • aucun budget de l’UM6P n’est publié (notre volet 7) ;
  • aucun compte séparé de l’UM6P ni de la Fondation OCP n’est publié ;
  • aucun rapport d’audit n’est accessible ;
  • aucun contrôle public visible : Jisr.media n’a trouvé aucun rapport de la Cour des comptes, du Parlement ou de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE) sur l’UM6P ou la Fondation OCP.

Les commissaires aux comptes de l’OCP voient sans doute ces chiffres, puisqu’ils sont consolidés. Mais ils certifient les comptes du groupe, pas l’usage de chaque dirham à l’université. Une université qui reçoit des milliards d’origine publique échappe ainsi à la fois aux règles des entreprises cotées et à celles des établissements publics.

Une question d’impôt, sans conclusion

Le document contient une phrase que nous ne savons pas encore interpréter (p. 236) : la hausse de l’impôt de l’OCP en 2025 « s’explique d’une part par la hausse de l’IS de OCP SA à la suite du changement du mode de financement du capex UM6P ».

Le document n’explique pas ce changement. Une question se pose pourtant : si la nouvelle façon de financer les campus augmente l’impôt de l’OCP, l’ancienne le réduisait-elle ? Et de combien, entre 2018 et 2024 ? Nous ne concluons rien à ce stade. Nous attendons la réponse de l’OCP.

UN EXEMPLE SIGNALÉ : HUIT ANS DE SUPPORT POUR UN SUPERCALCULATEUR

Selon nos sources, l'UM6P paie à l'Université de Cambridge un contrat de support pour son supercalculateur Toubkal, en service depuis 2021 : 6,2 millions de DH par an, sur une première période de trois ans prolongée de cinq ans. Sur huit ans, cela représente 49,6 millions de DH engagés.

Selon des experts du domaine, une telle somme permettrait d'acheter un nouveau supercalculateur.

Le partenariat entre l'UM6P et Cambridge est public. Les montants viennent de nos sources. Selon nos sources, ce contrat a été conclu et prolongé sous la responsabilité du Pr Rachid Guerraoui, président du conseil consultatif du College of Computing de l'UM6P. Nos pages lui sont ouvertes. Sans comptes publiés, personne ne peut vérifier si ce contrat a été mis en concurrence, ni pourquoi il a été prolongé.

Toubkal : que savons-nous de ses réalisations ?

Toubkal est le supercalculateur de l’UM6P, installé à Benguérir et inauguré en février 2021. Il a été conçu avec l’Université de Cambridge et présenté comme le plus puissant d’Afrique. Voici ce que disent les sources publiques :

Classement mondial TOP500

Novembre 202098e
Juin 2026409e

Puissance mesurée (Rmax)

20203,16 pétaflops
20263,16 pétaflops

Sa puissance mesurée n’a pas bougé depuis son entrée au classement. Les autres machines progressent, Toubkal recule : de la 98e à la 409e place en cinq ans et demi.

À quoi sert-il ? Les seuls exemples publics viennent des documents promotionnels de ses partenaires (Dell et Cambridge) : données satellitaires pour la gestion des terres agricoles, données météorologiques pour les énergies renouvelables, génomes de plantes nutritives africaines, intelligence artificielle.

Ce que nous n’avons pas trouvé : aucun rapport d’activité public. Ni nombre d’utilisateurs, ni taux d’utilisation de la machine, ni liste de projets, ni publications qui en sont issues, ni administrations, universités publiques ou entreprises marocaines servies, ni coût d’exploitation. Pourtant, selon nos sources, son seul contrat de support coûte 6,2 millions de DH par an.

Faisons travailler Toubkal pour tous les Marocains. Une telle machine pourrait, par exemple :

  • modéliser la sécheresse, les barrages et les nappes, pour mieux partager une eau qui manque ;
  • croiser les cartes des douars, des routes et des écoles, pour décider où désenclaver en premier ;
  • prévoir les récoltes et les maladies des cultures, pour les petits agriculteurs ;
  • simuler les séismes et les inondations, pour mieux construire et mieux secourir ;
  • offrir des heures de calcul gratuites aux universités publiques, aux jeunes entreprises et aux administrations, sur appel à projets ouvert, avec un bilan publié chaque année.

Un établissement comme l'UM6P, construit avec de l'argent qui appartient à l'origine à tous les Marocains, a une mission : servir tous les Marocains. Pas seulement ses étudiants, ses partenaires ou son image dans les classements. Sa raison d'être est de traduire l'intelligence collective, celle de ses chercheurs, de ses étudiants et de ses données, en solutions concrètes : pour l'eau, l'école, la santé, l'emploi des jeunes.

Nos interpellations

Jisr.media pose des questions par lettre depuis le 13 septembre. Ici, nous les posons en public, directement, aux personnes qui décident.

Monsieur Mostafa Terrab, PDG de l'OCP et président de la Fondation OCP

Vous êtes des deux côtés de la table : celui qui donne, au nom d'une entreprise détenue à 94,12 % par l'État, et celui qui reçoit, à la tête de la Fondation et au conseil de l'UM6P.

Pourquoi ne pas publier les comptes de l'UM6P et de la Fondation OCP ? Pourquoi ne pas les soumettre à la Cour des comptes et au Parlement, comme n'importe quel argent public ?

Pourquoi ne pas consacrer ne serait-ce qu'une part de ces milliards à l'eau potable, aux routes et aux écoles des douars, à commencer par ceux des régions qui extraient le phosphate depuis un siècle ?

Monsieur Hicham El Habti, président de l'UM6P

Votre université dispose de près de 38 milliards de DH de capital, de campus neufs, de chercheurs en eau, en agriculture et en ingénierie, et d'un supercalculateur.

Comment une institution aussi riche en milliards et en experts peut-elle cohabiter avec un Maroc rural où des douars attendent encore l'eau potable ? Les gens ont soif. Que fait l'UM6P, concrètement, mesurable et publié, pour eux ?

Et quand une université reçoit autant d'argent d'origine publique, pourquoi ne publie-t-elle ni budget, ni grille de salaires, ni appels d'offres ? Et Toubkal : publiez son bilan, et faites-le travailler pour tous les Marocains.

Au Pr Rachid Guerraoui, et à M. Hicham El Habti, président de l'UM6P

Professeur Guerraoui, selon nos sources, c'est sous votre responsabilité que l'UM6P paie 6,2 millions de DH par an, sur huit ans, pour le support d'une machine dont la puissance n'a pas changé depuis 2020 et qui est passée de la 98e à la 409e place mondiale.

Ce contrat a-t-il été mis en concurrence ? Pourquoi a-t-il été prolongé, et sur quelle évaluation ? Monsieur le président de l'UM6P, avez-vous validé cette prolongation ?

Où est le bilan de Toubkal ? Combien d'utilisateurs, quels projets, quelles retombées pour les Marocains ? Une machine payée avec de l'argent d'origine publique doit rendre des comptes au public, et travailler pour lui.

Mesdames et Messieurs les vice-présidents et directeurs de l'UM6P et de l'OCP

Selon nos sources, certains cadres de direction de l'UM6P touchent près de 200 000 DH par mois. Selon nos calculs à partir du document de l'OCP, la direction de l'OCP perçoit en moyenne près de 950 000 DH brut par mois et par dirigeant. Le SMIG est de 3 423 DH brut.

Au Maroc, 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (HCP, avril 2026).

Avec vos compétences et vos moyens, quelles solutions proposez-vous aux jeunes sans diplôme ? Et à ceux qui veulent créer leur entreprise et ne trouvent ni financement ni accompagnement ? Vos incubateurs et vos fonds d'investissement existent. À qui profitent-ils, et combien de jeunes sans réseau y ont accès ?

Ces questions ne visent pas des personnes, mais l’usage d’un argent qui appartient, à l’origine, à tous les Marocains. Nos pages sont ouvertes à chacune de vos réponses.

Nos questions à l’OCP

Le 23 octobre 2026, Jisr.media a adressé une lettre à Mostafa Terrab, PDG de l’OCP. Parmi nos questions :

  • Quels organes de contrôle ont accès aux comptes de l’UM6P et de la Fondation OCP ? Ces comptes sont-ils audités, et par qui ? Seront-ils publiés ?
  • Pourquoi les flux vers la Fondation OCP, présidée par le PDG, ne sont-ils pas traités comme des conventions réglementées ?
  • Combien OIFFA a-t-elle payé pour ses 2,5 % de l’UM6P, et pourquoi l’OCP entre-t-il désormais directement au capital ?
  • En quoi consiste le « changement du mode de financement du capex UM6P », et quel a été son effet sur l’impôt de l’OCP depuis 2018 ?
  • Comment la SADV a-t-elle acquis ses 0,88 % de l’OCP, et à quoi servent ses dividendes ?

L’OCP a jusqu’au 2 novembre pour répondre. Sa réponse sera publiée.

Droit de réponse

Depuis le 13 septembre 2026, Jisr.media a adressé à l’OCP et à l’UM6P des demandes détaillées, restées sans réponse. L’OCP, la Fondation OCP et l’UM6P peuvent répondre à ce volet quand elles le souhaitent : nos pages restent ouvertes.

APPEL À TÉMOIGNAGES

Vous travaillez ou avez travaillé à l'UM6P, à la Fondation OCP ou à l'OCP ? Vous connaissez la façon dont les budgets sont décidés, les contrats attribués ou les recrutements faits ? Écrivez-nous à [email protected].

Anonymat garanti, sources protégées. Votre identité reste confidentielle : nous ne publions rien qui permette de vous reconnaître, et chaque information est vérifiée avant publication.

✉️ [email protected]

Questions fréquentes

Quel est le capital de l’UM6P ? 37 984 651 648 DH, soit près de 38 milliards, au 31 décembre 2025, selon le document de référence de l’OCP enregistré à l’AMMC le 4 juin 2026. La Fondation OCP en détient 97,5 % et OIFFA, une filiale à 100 % de l’OCP, 2,5 %.

Qui finance l’UM6P ? Principalement la Fondation OCP, une association à but non lucratif financée par l’OCP, société détenue à 94,12 % par l’État. L’OCP a aussi payé 14,25 milliards de DH de campus de l’UM6P entre 2023 et 2025.

L’UM6P publie-t-elle ses comptes ? Non. L’UM6P est consolidée dans les comptes du groupe OCP, mais Jisr.media n’a trouvé aucun compte séparé, aucun budget et aucun rapport d’audit publiés, ni pour l’UM6P ni pour la Fondation OCP.

Qu’est-ce que la SADV ? La Société d’Aménagement et de Développement Vert, filiale à 100 % de l’UM6P Endowment Holding, elle-même détenue à 100 % par l’UM6P. Elle possède 0,88 % du capital de l’OCP et en reçoit environ 65 millions de DH de dividendes par an.

Que représentent 38 milliards de DH ? Aux coûts publiés par l’État, environ 23 600 km de routes rurales, l’eau potable pour 6,7 millions de ruraux, près de 3 000 écoles, ou 21 000 médecins débutants payés pendant dix ans, selon les calculs de Jisr.media. Ce sont des équivalences, pas une accusation.

Qu’est-ce que le supercalculateur Toubkal ? Le supercalculateur de l’UM6P, inauguré en 2021 à Benguérir avec l’Université de Cambridge. Classé 98e mondial au TOP500 en novembre 2020, il est 409e en juin 2026, avec une puissance inchangée de 3,16 pétaflops. Jisr.media n’a trouvé aucun rapport d’activité public.

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Sources consultées : OCP SA, document de référence relatif à l'exercice 2025, enregistré par l'AMMC le 4 juin 2026 (pages citées dans le texte) ; loi 17-95 relative aux sociétés anonymes, article 56 ; pour les équivalences : loi de finances 2025 (programme de 181 établissements scolaires) et 2026 (budget de la Santé), ministère de l'Intérieur (bilan du programme de réduction des disparités territoriales et sociales en milieu rural), ONEE (projet d'eau potable d'El Hajeb, 2025), OFPPT, ministère de la Santé (carte sanitaire 2025), décret sur le SMIG 2026 ; HCP (jeunes NEET, avril 2026) ; Université de Cambridge, service de calcul de haute performance (partenariat avec l'UM6P) ; TOP500, fiche du système Toubkal (classements 2020-2026) ; Dell Technologies et Université de Cambridge, étude de cas sur Toubkal ; The Journal of Supercomputing, 2025 ; sources de Jisr.media.

Sujets :🔎 OCP et UM6P📈 Économie et budget
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