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📚 Dossier : Élections Maroc 2026

Gouvernement El Mansouri : la liste des 31 ministres, 6 femmes, 17 nouveaux visages et ce qui change

Le Roi Mohammed VI a nommé ce vendredi 16 octobre le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri. 32 membres à la nomination, 31 depuis que Madiha Khayr a été démise le 18 octobre, dont 6 femmes. 17 n'étaient pas dans l'équipe sortante, les ministères régaliens ne changent pas de mains, et le RNI quitte le gouvernement après près de vingt ans à l'Agriculture. La liste complète et une première analyse.

🕒 Mise à jour : 18 octobre 2026, 23h
Gouvernement El Mansouri : la liste des 31 ministres, 6 femmes, 17 nouveaux visages et ce qui change

Montage Jisr.media — Fatima Ezzahra El Mansouri (photo 2M TV, Wikimedia Commons, CC BY 4.0) ; composition : liste officielle du 16 octobre 2026

Mise à jour du 18 octobre 2026. Le Cabinet royal a annoncé que le Roi a mis fin, à la demande de la cheffe du gouvernement et conformément à l'article 47 de la Constitution, aux fonctions de Madiha Khayr (Istiqlal), ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, deux jours après sa nomination. Le communiqué n'en donne pas la raison. Le gouvernement compte désormais 31 membres, dont 6 femmes. Les chiffres de cet article ont été corrigés en conséquence. Voir aussi nos brèves du 19 octobre.

C’est fait. Dix-sept jours après sa nomination, le 29 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri a son équipe. Le Roi Mohammed VI a nommé ce vendredi 16 octobre, au Palais royal de Rabat, les 31 membres qui l’entourent. Ils ont prêté serment dans la foulée. La liste a été annoncée par la télévision publique et confirmée par plusieurs médias locaux.

Le gouvernement compte 31 membres depuis le 18 octobre (32 à la nomination) : la cheffe du gouvernement, 19 ministres, le secrétaire général du gouvernement et 10 ministres délégués. Il repose sur la majorité annoncée le 12 octobre : le PAM d’El Mansouri, l’Istiqlal de Nizar Baraka, l’USFP de Driss Lachgar et le PPS de Nabil Benabdallah, 207 sièges sur 395. Le RNI de Mohamed Chaouki, qui dirigeait le gouvernement sortant avec Aziz Akhannouch, passe dans l’opposition.

31

membres

6

femmes (19 %)

17

absents du gouvernement sortant

14

déjà membres de l'équipe Akhannouch

Qui fait quoi ? La liste complète

MembrePortefeuille
Fatima Ezzahra El MansouriCheffe du gouvernement
Était ministre de l'Habitat · PAM
Abdelouafi LaftitIntérieur
Reconduit · sans étiquette
Nasser BouritaAffaires étrangères, Coopération africaine et Marocains résidant à l'étranger
Reconduit · sans étiquette
Abdellatif OuahbiJustice
Reconduit · PAM
Ahmed ToufiqHabous et Affaires islamiques
Reconduit · sans étiquette
Hassan TariqSecrétaire général du gouvernement
Nouveau · sans étiquette
Fouzi LekjaaÉconomie, Finances et Performance publique
Promu (était ministre délégué au Budget) · PAM
Nizar BarakaÉquipement, Eau et Forêts
Reconduit, les Forêts en plus · Istiqlal
Nabil BenabdallahÉducation nationale, Préscolaire, Formation professionnelle et Qualification
Nouveau · PPS
Youns BjijouSanté et Protection sociale
Nouveau · sans étiquette
Khalid HatimyAgriculture, Pêche maritime et Souveraineté alimentaire
Nouveau · PAM
Ryad MezzourIndustrie, Commerce, Investissement et Inclusion économique
Reconduit, périmètre élargi · Istiqlal
Mohamed Mehdi BensaidJeunesse, Culture et Sports
Reconduit, les Sports remplacent la Communication · PAM
Azzeddine El MidaouiEnseignement supérieur, Recherche scientifique et Innovation
Reconduit · PAM
Abdessamad KayouhTransport et Logistique
Reconduit · Istiqlal
Charafat AfailalÉnergie, Mines et Développement durable
Nouvelle · PPS
Abderrahim ChahidEmploi et Dialogue social
Nouveau · USFP
Samir BelfkihAménagement du territoire, Urbanisme, Habitat et Politique de la ville, porte-parole du gouvernement
Nouveau · PAM
Ahmed RahhouIntelligence artificielle, Transformation numérique et Réforme de l'administration
Nouveau (ministère créé) · sans étiquette
Jalal CharafTourisme, Artisanat et Économie solidaire
Nouveau · sans étiquette
Najwa KoukoussFamille, Développement social et Égalité
Nouvelle · PAM
Ministres délégués
Abdeltif LoudyiAdministration de la Défense nationale (auprès de la cheffe du gouvernement)
Reconduit · sans étiquette
Kouloub FaitahRelations avec le Parlement et la Société civile (auprès de la cheffe du gouvernement)
Nouvelle · PAM
Omar HejiraCommerce extérieur
Était secrétaire d'État · Istiqlal
Ahmed Mehdi MezouariPêche maritime
Nouveau · USFP
Kamal HachoumiPréscolaire et lutte contre la déperdition scolaire
Nouveau · USFP
Madiha KhayrFormation professionnelle et Qualification
Démise le 18 octobre 2026 par décision royale, à la demande de la cheffe du gouvernement · poste à pourvoir
Fatima SaadiHabitat et Politique de la ville
Nouvelle · PAM
Salah-Eddine AbkariJeunesse
Nouveau · PAM
Rachid HamouniInclusion sociale
Nouveau · PPS
Aïcha GuellaaRéforme de l'administration
Nouvelle · USFP
Abdeljabbar ErrachidiArtisanat et Économie solidaire
Était secrétaire d'État (Inclusion sociale) · Istiqlal

Liste et intitulés : composition officielle annoncée le 16 octobre 2026. La liste officielle ne mentionne pas les partis : l’appartenance indiquée est celle confirmée par plusieurs médias locaux et par les partis. Les orthographes latines de certains noms varient ; nous les corrigerons si besoin.

Qui vient d’où ?

PartiMembresDont femmes
PAM de Fatima Ezzahra El Mansouri11 (avec la cheffe du gouvernement)4
Istiqlal de Nizar Baraka61
USFP de Driss Lachgar41
PPS de Nabil Benabdallah31
Sans étiquette80

Le PAM se taille la part du lion : la cheffe du gouvernement, les Finances, la Justice, l’Agriculture, l’Habitat et le porte-parolat. L’Istiqlal garde ses bastions (Équipement et Eau, Industrie, Transport). L’USFP et le PPS, de retour au gouvernement après des années d’opposition, obtiennent l’Emploi, l’Éducation et l’Énergie.

Les huit personnalités sans étiquette tiennent l’Intérieur, les Affaires étrangères, les Habous, la Défense et le secrétariat général du gouvernement, mais aussi la Santé, l’Intelligence artificielle et le Tourisme. Ce sont huit hommes.

LA QUESTION DE LA RÉDACTION

Pourquoi retirer la Santé et le Tourisme des mains des partis ? Le Maroc parle de souveraineté partout : alimentaire, énergétique, numérique. La santé en est une, et peut-être la première. Or c'est un ministre sans étiquette, qui ne rendra de comptes à aucun électeur, qui hérite de ce secteur.

Et ce choix intervient alors que l'hôpital public se vide et que le secteur privé avance : cliniques ouvertes aux investisseurs, médecins qui quittent le public, et une assurance maladie généralisée dont une grande part des remboursements finit dans le privé. La santé publique est-elle encore une priorité de souveraineté, ou un marché que l'on confie à des gestionnaires ?

Même question pour le Tourisme, à quatre ans de la Coupe du monde 2030 : un secteur stratégique, des milliards d'investissements, et personne devant les urnes pour en répondre. Nous poserons ces questions au gouvernement.

Six femmes : un record ou un trompe-l’œil ?

Pour la première fois, une femme dirige le gouvernement du Maroc. Mais autour d’elle, les femmes restent minoritaires : 6 sur 31, soit 19 % depuis le 18 octobre, moins que leur part à la Chambre des représentants (107 députées, 27 %).

Le détail compte plus que le total. Par parti : 4 femmes sur 11 au PAM, une seule à l’USFP et au PPS, aucune à l’Istiqlal depuis le départ de Madiha Khayr, et aucune parmi les huit personnalités sans étiquette.

En dehors de la cheffe du gouvernement, seules deux femmes dirigent un ministère de plein exercice : Charafat Afailal à l’Énergie, aux Mines et au Développement durable, et Najwa Koukouss à la Famille. Les trois autres sont ministres déléguées, placées sous l’autorité d’un ministre : Kouloub Faitah (Relations avec le Parlement), Fatima Saadi (Habitat) et Aïcha Guellaa (Réforme de l’administration).

L’équipe sortante comptait davantage de femmes à la tête de grands ministères : Nadia Fettah aux Finances, Leila Benali à la Transition énergétique, Fatim-Zahra Ammor au Tourisme, Amal El Fallah Seghrouchni à la Transition numérique, Naïma Ben Yahia à la Solidarité et à la Famille. Aucune n’est reconduite. Les Finances, en particulier, repassent à un homme.

Deux nominations sortent du lot. Confier l’Énergie à Charafat Afailal, ingénieure de l’École Mohammadia, passée par l’Office national de l’eau potable et ancienne ministre déléguée chargée de l’Eau (2013-2018), c’est donner un ministère technique à une spécialiste. À l’inverse, la Famille reste, comme presque toujours, un portefeuille féminin.

Le noyau dur ne bouge pas

Les ministères dits « de souveraineté » restent aux mêmes mains : Abdelouafi Laftit à l’Intérieur, Nasser Bourita aux Affaires étrangères, Ahmed Toufiq aux Habous, Abdeltif Loudyi à la Défense. Abdellatif Ouahbi garde la Justice.

Autour d’eux, une continuité choisie : Nizar Baraka garde l’Équipement et l’Eau, Ryad Mezzour l’Industrie, Mohamed Mehdi Bensaid la Jeunesse et la Culture, Azzeddine El Midaoui l’Enseignement supérieur, Abdessamad Kayouh le Transport. Fouzi Lekjaa, membre de l’équipe de négociation d’El Mansouri, monte d’un cran : du Budget à l’ensemble de l’Économie et des Finances.

Ce qui change vraiment

1. Le RNI quitte l’Agriculture. Depuis 2007, le ministère était tenu par le RNI : Aziz Akhannouch, puis Mohammed Sadiki, puis Ahmed Bouari. Il passe à Khalid Hatimy. Les Finances, la Santé, le Tourisme, le porte-parolat et l’Éducation nationale changent aussi de mains.

2. Un ministère de l’Intelligence artificielle. Il regroupe la transformation numérique et la réforme de l’administration, et il est confié à Ahmed Rahhou, ancien PDG du CIH et de Lesieur Cristal, président du Conseil de la concurrence depuis 2021. Un profil d’économiste et de régulateur, plus que d’ingénieur du numérique.

3. L’école en un seul bloc. Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, hérite d’un grand ministère qui réunit l’Éducation nationale, le préscolaire et la formation professionnelle, avec deux ministres délégués : Kamal Hachoumi (préscolaire et décrochage scolaire) et Madiha Khayr (formation professionnelle), démise le 18 octobre. Un poids lourd politique, déjà ministre de la Communication puis de l’Habitat, mais sans parcours dans l’éducation.

4. La Communication disparaît des intitulés. Les Sports rejoignent la Jeunesse et la Culture. Aucun ministère ne porte plus le mot « Communication ».

5. Le juriste au cœur de la machine. Le secrétariat général du gouvernement, qui prépare et contrôle tous les textes, revient à Hassan Tariq, docteur en droit public, professeur de droit constitutionnel, ancien député de l’USFP, ambassadeur en Tunisie puis Médiateur du Royaume depuis mars 2025.

Compétences : une première lecture

La liste officielle ne donne pas les parcours des ministres. Ce qui suit est donc une analyse préliminaire, que nous compléterons.

  • Des profils cohérents avec leur poste : Charafat Afailal à l’Énergie, Hassan Tariq au secrétariat général, Ahmed Rahhou à la réforme de l’administration, Fouzi Lekjaa aux Finances, Nizar Baraka à l’Eau, qu’il gère depuis 2021.
  • Des chefs de parti et de groupe parlementaire : Nabil Benabdallah (PPS) à l’Éducation, Abderrahim Chahid (USFP) à l’Emploi, Rachid Hamouni (PPS) à l’Inclusion sociale. Le gouvernement récompense les alliés de la coalition, ce qui est classique.
  • Des inconnus à des postes sensibles : la Santé (Youns Bjijou, sans étiquette), l’Agriculture (Khalid Hatimy, PAM) et le Tourisme (Jalal Charaf, sans étiquette) vont à des personnalités peu connues du grand public. Leurs parcours seront décisifs dans des secteurs où les attentes sont fortes : la généralisation de l’assurance maladie, la sécheresse, la Coupe du monde 2030.

CE QU'IL FAUDRA SURVEILLER

Le programme du gouvernement, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter devant le Parlement pour obtenir sa confiance. La répartition exacte des portefeuilles entre les quatre partis, qui n'a pas été publiée officiellement. Et l'opposition : le RNI et ses 66 députés, le PJD d'Abdelilah Benkirane, et l'Alliance de la gauche d'Abdeslam El Aziz et de Jamal El Asri.

Et vu de l’étranger ?

La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, le 29 septembre, avait fait le tour de la presse internationale, en Espagne, en France, en Amérique latine et dans le monde arabe, sous le même titre : une première femme à la tête du gouvernement marocain. La composition de son équipe, annoncée vendredi après-midi, y est pour l’instant peu relayée en dehors des éditions étrangères de médias marocains. Le chiffre retenu est le même partout : sept femmes.

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FAQ

Combien de membres compte le gouvernement El Mansouri ? 31 membres depuis le 18 octobre : la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri, 19 ministres, le secrétaire général du gouvernement Hassan Tariq et 10 ministres délégués. Ils ont été nommés par le Roi Mohammed VI le vendredi 16 octobre 2026 au Palais royal de Rabat.

Combien de femmes dans le gouvernement El Mansouri ? 6 sur 31, soit 19 %, depuis le 18 octobre : Fatima Ezzahra El Mansouri (cheffe du gouvernement), Charafat Afailal (Énergie, Mines et Développement durable), Najwa Koukouss (Famille, Développement social et Égalité), et les ministres déléguées Kouloub Faitah, Fatima Saadi et Aïcha Guellaa.

Quels ministres sont reconduits ? Abdelouafi Laftit (Intérieur), Nasser Bourita (Affaires étrangères), Abdellatif Ouahbi (Justice), Ahmed Toufiq (Habous), Abdeltif Loudyi (Défense), Nizar Baraka (Équipement et Eau), Ryad Mezzour (Industrie), Mohamed Mehdi Bensaid (Jeunesse et Culture), Azzeddine El Midaoui (Enseignement supérieur) et Abdessamad Kayouh (Transport) restent. Fouzi Lekjaa passe du Budget à l’Économie et aux Finances ; Omar Hejira et Abdeljabbar Errachidi, secrétaires d’État, deviennent ministres délégués.

Quels partis composent le gouvernement El Mansouri ? Le PAM de Fatima Ezzahra El Mansouri, l’Istiqlal de Nizar Baraka, l’USFP de Driss Lachgar et le PPS de Nabil Benabdallah, soit 207 sièges sur 395 à la Chambre des représentants. Le PAM compte 11 membres (avec la cheffe du gouvernement), l’Istiqlal 5, l’USFP 4 et le PPS 3 ; 8 membres sont sans étiquette. Le RNI passe dans l’opposition.

Sujets :🗳️ Élections et gouvernement au Maroc
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