Mise à jour du 18 octobre 2026. Le Cabinet royal a annoncé que le Roi a mis fin, à la demande de la cheffe du gouvernement et conformément à l'article 47 de la Constitution, aux fonctions de Madiha Khayr (Istiqlal), ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, deux jours après sa nomination. Le communiqué n'en donne pas la raison. Le gouvernement compte désormais 31 membres, dont 6 femmes. Les chiffres de cet article ont été corrigés en conséquence. Voir aussi nos brèves du 19 octobre.
C’est fait. Dix-sept jours après sa nomination, le 29 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri a son équipe. Le Roi Mohammed VI a nommé ce vendredi 16 octobre, au Palais royal de Rabat, les 31 membres qui l’entourent. Ils ont prêté serment dans la foulée. La liste a été annoncée par la télévision publique et confirmée par plusieurs médias locaux.
Le gouvernement compte 31 membres depuis le 18 octobre (32 à la nomination) : la cheffe du gouvernement, 19 ministres, le secrétaire général du gouvernement et 10 ministres délégués. Il repose sur la majorité annoncée le 12 octobre : le PAM d’El Mansouri, l’Istiqlal de Nizar Baraka, l’USFP de Driss Lachgar et le PPS de Nabil Benabdallah, 207 sièges sur 395. Le RNI de Mohamed Chaouki, qui dirigeait le gouvernement sortant avec Aziz Akhannouch, passe dans l’opposition.
31
membres
6
femmes (19 %)
17
absents du gouvernement sortant
14
déjà membres de l'équipe Akhannouch
Qui fait quoi ? La liste complète
| Membre | Portefeuille |
|---|---|
| Fatima Ezzahra El Mansouri | Cheffe du gouvernement Était ministre de l'Habitat · PAM |
| Abdelouafi Laftit | Intérieur Reconduit · sans étiquette |
| Nasser Bourita | Affaires étrangères, Coopération africaine et Marocains résidant à l'étranger Reconduit · sans étiquette |
| Abdellatif Ouahbi | Justice Reconduit · PAM |
| Ahmed Toufiq | Habous et Affaires islamiques Reconduit · sans étiquette |
| Hassan Tariq | Secrétaire général du gouvernement Nouveau · sans étiquette |
| Fouzi Lekjaa | Économie, Finances et Performance publique Promu (était ministre délégué au Budget) · PAM |
| Nizar Baraka | Équipement, Eau et Forêts Reconduit, les Forêts en plus · Istiqlal |
| Nabil Benabdallah | Éducation nationale, Préscolaire, Formation professionnelle et Qualification Nouveau · PPS |
| Youns Bjijou | Santé et Protection sociale Nouveau · sans étiquette |
| Khalid Hatimy | Agriculture, Pêche maritime et Souveraineté alimentaire Nouveau · PAM |
| Ryad Mezzour | Industrie, Commerce, Investissement et Inclusion économique Reconduit, périmètre élargi · Istiqlal |
| Mohamed Mehdi Bensaid | Jeunesse, Culture et Sports Reconduit, les Sports remplacent la Communication · PAM |
| Azzeddine El Midaoui | Enseignement supérieur, Recherche scientifique et Innovation Reconduit · PAM |
| Abdessamad Kayouh | Transport et Logistique Reconduit · Istiqlal |
| Charafat Afailal | Énergie, Mines et Développement durable Nouvelle · PPS |
| Abderrahim Chahid | Emploi et Dialogue social Nouveau · USFP |
| Samir Belfkih | Aménagement du territoire, Urbanisme, Habitat et Politique de la ville, porte-parole du gouvernement Nouveau · PAM |
| Ahmed Rahhou | Intelligence artificielle, Transformation numérique et Réforme de l'administration Nouveau (ministère créé) · sans étiquette |
| Jalal Charaf | Tourisme, Artisanat et Économie solidaire Nouveau · sans étiquette |
| Najwa Koukouss | Famille, Développement social et Égalité Nouvelle · PAM |
| Ministres délégués | |
| Abdeltif Loudyi | Administration de la Défense nationale (auprès de la cheffe du gouvernement) Reconduit · sans étiquette |
| Kouloub Faitah | Relations avec le Parlement et la Société civile (auprès de la cheffe du gouvernement) Nouvelle · PAM |
| Omar Hejira | Commerce extérieur Était secrétaire d'État · Istiqlal |
| Ahmed Mehdi Mezouari | Pêche maritime Nouveau · USFP |
| Kamal Hachoumi | Préscolaire et lutte contre la déperdition scolaire Nouveau · USFP |
Démise le 18 octobre 2026 par décision royale, à la demande de la cheffe du gouvernement · poste à pourvoir | |
| Fatima Saadi | Habitat et Politique de la ville Nouvelle · PAM |
| Salah-Eddine Abkari | Jeunesse Nouveau · PAM |
| Rachid Hamouni | Inclusion sociale Nouveau · PPS |
| Aïcha Guellaa | Réforme de l'administration Nouvelle · USFP |
| Abdeljabbar Errachidi | Artisanat et Économie solidaire Était secrétaire d'État (Inclusion sociale) · Istiqlal |
Liste et intitulés : composition officielle annoncée le 16 octobre 2026. La liste officielle ne mentionne pas les partis : l’appartenance indiquée est celle confirmée par plusieurs médias locaux et par les partis. Les orthographes latines de certains noms varient ; nous les corrigerons si besoin.
Qui vient d’où ?
| Parti | Membres | Dont femmes |
|---|---|---|
| PAM de Fatima Ezzahra El Mansouri | 11 (avec la cheffe du gouvernement) | 4 |
| Istiqlal de Nizar Baraka | 6 | 1 |
| USFP de Driss Lachgar | 4 | 1 |
| PPS de Nabil Benabdallah | 3 | 1 |
| Sans étiquette | 8 | 0 |
Le PAM se taille la part du lion : la cheffe du gouvernement, les Finances, la Justice, l’Agriculture, l’Habitat et le porte-parolat. L’Istiqlal garde ses bastions (Équipement et Eau, Industrie, Transport). L’USFP et le PPS, de retour au gouvernement après des années d’opposition, obtiennent l’Emploi, l’Éducation et l’Énergie.
Les huit personnalités sans étiquette tiennent l’Intérieur, les Affaires étrangères, les Habous, la Défense et le secrétariat général du gouvernement, mais aussi la Santé, l’Intelligence artificielle et le Tourisme. Ce sont huit hommes.
LA QUESTION DE LA RÉDACTION
Pourquoi retirer la Santé et le Tourisme des mains des partis ? Le Maroc parle de souveraineté partout : alimentaire, énergétique, numérique. La santé en est une, et peut-être la première. Or c'est un ministre sans étiquette, qui ne rendra de comptes à aucun électeur, qui hérite de ce secteur.
Et ce choix intervient alors que l'hôpital public se vide et que le secteur privé avance : cliniques ouvertes aux investisseurs, médecins qui quittent le public, et une assurance maladie généralisée dont une grande part des remboursements finit dans le privé. La santé publique est-elle encore une priorité de souveraineté, ou un marché que l'on confie à des gestionnaires ?
Même question pour le Tourisme, à quatre ans de la Coupe du monde 2030 : un secteur stratégique, des milliards d'investissements, et personne devant les urnes pour en répondre. Nous poserons ces questions au gouvernement.
Six femmes : un record ou un trompe-l’œil ?
Pour la première fois, une femme dirige le gouvernement du Maroc. Mais autour d’elle, les femmes restent minoritaires : 6 sur 31, soit 19 % depuis le 18 octobre, moins que leur part à la Chambre des représentants (107 députées, 27 %).
Le détail compte plus que le total. Par parti : 4 femmes sur 11 au PAM, une seule à l’USFP et au PPS, aucune à l’Istiqlal depuis le départ de Madiha Khayr, et aucune parmi les huit personnalités sans étiquette.
En dehors de la cheffe du gouvernement, seules deux femmes dirigent un ministère de plein exercice : Charafat Afailal à l’Énergie, aux Mines et au Développement durable, et Najwa Koukouss à la Famille. Les trois autres sont ministres déléguées, placées sous l’autorité d’un ministre : Kouloub Faitah (Relations avec le Parlement), Fatima Saadi (Habitat) et Aïcha Guellaa (Réforme de l’administration).
L’équipe sortante comptait davantage de femmes à la tête de grands ministères : Nadia Fettah aux Finances, Leila Benali à la Transition énergétique, Fatim-Zahra Ammor au Tourisme, Amal El Fallah Seghrouchni à la Transition numérique, Naïma Ben Yahia à la Solidarité et à la Famille. Aucune n’est reconduite. Les Finances, en particulier, repassent à un homme.
Deux nominations sortent du lot. Confier l’Énergie à Charafat Afailal, ingénieure de l’École Mohammadia, passée par l’Office national de l’eau potable et ancienne ministre déléguée chargée de l’Eau (2013-2018), c’est donner un ministère technique à une spécialiste. À l’inverse, la Famille reste, comme presque toujours, un portefeuille féminin.
Le noyau dur ne bouge pas
Les ministères dits « de souveraineté » restent aux mêmes mains : Abdelouafi Laftit à l’Intérieur, Nasser Bourita aux Affaires étrangères, Ahmed Toufiq aux Habous, Abdeltif Loudyi à la Défense. Abdellatif Ouahbi garde la Justice.
Autour d’eux, une continuité choisie : Nizar Baraka garde l’Équipement et l’Eau, Ryad Mezzour l’Industrie, Mohamed Mehdi Bensaid la Jeunesse et la Culture, Azzeddine El Midaoui l’Enseignement supérieur, Abdessamad Kayouh le Transport. Fouzi Lekjaa, membre de l’équipe de négociation d’El Mansouri, monte d’un cran : du Budget à l’ensemble de l’Économie et des Finances.
Ce qui change vraiment
1. Le RNI quitte l’Agriculture. Depuis 2007, le ministère était tenu par le RNI : Aziz Akhannouch, puis Mohammed Sadiki, puis Ahmed Bouari. Il passe à Khalid Hatimy. Les Finances, la Santé, le Tourisme, le porte-parolat et l’Éducation nationale changent aussi de mains.
2. Un ministère de l’Intelligence artificielle. Il regroupe la transformation numérique et la réforme de l’administration, et il est confié à Ahmed Rahhou, ancien PDG du CIH et de Lesieur Cristal, président du Conseil de la concurrence depuis 2021. Un profil d’économiste et de régulateur, plus que d’ingénieur du numérique.
3. L’école en un seul bloc. Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, hérite d’un grand ministère qui réunit l’Éducation nationale, le préscolaire et la formation professionnelle, avec deux ministres délégués : Kamal Hachoumi (préscolaire et décrochage scolaire) et Madiha Khayr (formation professionnelle), démise le 18 octobre. Un poids lourd politique, déjà ministre de la Communication puis de l’Habitat, mais sans parcours dans l’éducation.
4. La Communication disparaît des intitulés. Les Sports rejoignent la Jeunesse et la Culture. Aucun ministère ne porte plus le mot « Communication ».
5. Le juriste au cœur de la machine. Le secrétariat général du gouvernement, qui prépare et contrôle tous les textes, revient à Hassan Tariq, docteur en droit public, professeur de droit constitutionnel, ancien député de l’USFP, ambassadeur en Tunisie puis Médiateur du Royaume depuis mars 2025.
Compétences : une première lecture
La liste officielle ne donne pas les parcours des ministres. Ce qui suit est donc une analyse préliminaire, que nous compléterons.
- Des profils cohérents avec leur poste : Charafat Afailal à l’Énergie, Hassan Tariq au secrétariat général, Ahmed Rahhou à la réforme de l’administration, Fouzi Lekjaa aux Finances, Nizar Baraka à l’Eau, qu’il gère depuis 2021.
- Des chefs de parti et de groupe parlementaire : Nabil Benabdallah (PPS) à l’Éducation, Abderrahim Chahid (USFP) à l’Emploi, Rachid Hamouni (PPS) à l’Inclusion sociale. Le gouvernement récompense les alliés de la coalition, ce qui est classique.
- Des inconnus à des postes sensibles : la Santé (Youns Bjijou, sans étiquette), l’Agriculture (Khalid Hatimy, PAM) et le Tourisme (Jalal Charaf, sans étiquette) vont à des personnalités peu connues du grand public. Leurs parcours seront décisifs dans des secteurs où les attentes sont fortes : la généralisation de l’assurance maladie, la sécheresse, la Coupe du monde 2030.
CE QU'IL FAUDRA SURVEILLER
Le programme du gouvernement, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter devant le Parlement pour obtenir sa confiance. La répartition exacte des portefeuilles entre les quatre partis, qui n'a pas été publiée officiellement. Et l'opposition : le RNI et ses 66 députés, le PJD d'Abdelilah Benkirane, et l'Alliance de la gauche d'Abdeslam El Aziz et de Jamal El Asri.
Et vu de l’étranger ?
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, le 29 septembre, avait fait le tour de la presse internationale, en Espagne, en France, en Amérique latine et dans le monde arabe, sous le même titre : une première femme à la tête du gouvernement marocain. La composition de son équipe, annoncée vendredi après-midi, y est pour l’instant peu relayée en dehors des éditions étrangères de médias marocains. Le chiffre retenu est le même partout : sept femmes.
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FAQ
Combien de membres compte le gouvernement El Mansouri ? 31 membres depuis le 18 octobre : la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri, 19 ministres, le secrétaire général du gouvernement Hassan Tariq et 10 ministres délégués. Ils ont été nommés par le Roi Mohammed VI le vendredi 16 octobre 2026 au Palais royal de Rabat.
Combien de femmes dans le gouvernement El Mansouri ? 6 sur 31, soit 19 %, depuis le 18 octobre : Fatima Ezzahra El Mansouri (cheffe du gouvernement), Charafat Afailal (Énergie, Mines et Développement durable), Najwa Koukouss (Famille, Développement social et Égalité), et les ministres déléguées Kouloub Faitah, Fatima Saadi et Aïcha Guellaa.
Quels ministres sont reconduits ? Abdelouafi Laftit (Intérieur), Nasser Bourita (Affaires étrangères), Abdellatif Ouahbi (Justice), Ahmed Toufiq (Habous), Abdeltif Loudyi (Défense), Nizar Baraka (Équipement et Eau), Ryad Mezzour (Industrie), Mohamed Mehdi Bensaid (Jeunesse et Culture), Azzeddine El Midaoui (Enseignement supérieur) et Abdessamad Kayouh (Transport) restent. Fouzi Lekjaa passe du Budget à l’Économie et aux Finances ; Omar Hejira et Abdeljabbar Errachidi, secrétaires d’État, deviennent ministres délégués.
Quels partis composent le gouvernement El Mansouri ? Le PAM de Fatima Ezzahra El Mansouri, l’Istiqlal de Nizar Baraka, l’USFP de Driss Lachgar et le PPS de Nabil Benabdallah, soit 207 sièges sur 395 à la Chambre des représentants. Le PAM compte 11 membres (avec la cheffe du gouvernement), l’Istiqlal 5, l’USFP 4 et le PPS 3 ; 8 membres sont sans étiquette. Le RNI passe dans l’opposition.







