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📚 Dossier : Élections Maroc 2026

« Un choix stratégique » : le CCDMM dénonce l'exclusion des Marocains du monde des législatives du 23 septembre

À quelques jours du scrutin législatif marocain, le Conseil Civil Démocratique pour la Migration Marocaine (CCDMM), basé à Paris, a rendu public un communiqué dénonçant ce qu'il qualifie d'exclusion systématique des Marocains du monde de la vie politique nationale — candidature et vote depuis l'étranger.

« Un choix stratégique » : le CCDMM dénonce l'exclusion des Marocains du monde des législatives du 23 septembre

Affiche du CCDMM

« Un choix stratégique » : le CCDMM dénonce l’exclusion des Marocains du monde des législatives du 23 septembre

jisr.media | Marocains du monde

À quelques jours du scrutin législatif marocain, le Conseil Civil Démocratique pour la Migration Marocaine (CCDMM), basé à Paris, a rendu public un communiqué dénonçant ce qu’il qualifie d’exclusion systématique des Marocains du monde de la vie politique nationale — candidature et vote depuis l’étranger. L’organisation rejette la formule du vote par procuration électronique retenue pour ce scrutin et réclame un vote direct et électronique depuis les pays de résidence.

Le texte s’en prend aussi frontalement au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), institution consultative créée par dahir en 2007 et constitutionnalisée en 2011, dont la loi organique promise n’a toujours pas vu le jour. Cette paralysie institutionnelle n’est pas contestée par le seul CCDMM : elle est régulièrement pointée par d’autres organisations de la société civile MRE, et la légitimité représentative du CCME est mise en doute par une majorité de Marocains du monde eux-mêmes, qui n’ont jamais été directement consultés sur sa composition. Le roi Mohammed VI a lui-même appelé, en novembre 2024, à accélérer l’adoption de cette loi. Près de deux ans plus tard, le blocage persiste pourtant, sans que les véritables raisons de cette inertie n’aient été rendues publiques.

jisr.media publie ci-dessous l’intégralité du communiqué, tel que transmis par l’un des cofondateurs du CCDMM, Salah Eddine El Manouzi.


Communiqué du Conseil Civil Démocratique pour la Migration Marocaine (CCDMM) Paris, le 12 septembre 2026

Avec le lancement de la campagne électorale, plus de 6 millions de Marocaines et de Marocains résidant à l’étranger se retrouvent, une fois de plus, victimes d’un interdit politique non déclaré et d’une mise à l’écart arbitraire qui les prive de leur droit naturel et constitutionnel à une participation politique directe — candidature et vote — depuis leurs pays de résidence.

Cette exclusion systématique n’est plus une simple « défaillance administrative » : c’est un choix politique conscient et délibéré des instances qui contrôlent la décision législative. Il s’agit d’une violation flagrante et continue de l’esprit et des dispositions de la Constitution marocaine, ainsi que d’un défi ouvert aux orientations royales qui n’ont cessé de rappeler la place stratégique des Marocains du monde. Nous sommes face à un véritable recul en matière de droits, qui consacre la discrimination et traite une partie du peuple marocain en « citoyens de seconde zone ».

La citoyenneté ne se divise pas, elle ne connaît pas de frontières

Tenter de contourner les droits politiques des Marocains du monde revient à porter atteinte, en profondeur, à la notion même de citoyenneté partagée. Résider hors des frontières géographiques n’efface ni n’amoindrit l’appartenance à la patrie.

Faire de la migration un prétexte à la discrimination politique constitue une dérive juridique et une atteinte aux droits, inacceptable dans le Maroc du XXIe siècle.

Nous rejetons l’artifice du « vote par procuration »

Le Conseil Civil Démocratique déclare son refus absolu et catégorique de la mascarade appelée « vote par procuration », qu’il considère comme un contournement manifeste des dispositions constitutionnelles et une tentative désespérée de jeter de la poudre aux yeux.

  • Réduire le droit de millions de citoyens à une simple délégation sur papier revient à vider le processus démocratique de son sens véritable, et constitue un aveu d’échec organisationnel.
  • La citoyenneté est un droit fondamental que chaque individu exerce en personne et en conscience ; ce n’est pas une transaction commerciale que l’on confie à un tiers. S’obstiner dans ce mécanisme rudimentaire, c’est persister dans une logique de tutelle et de dévalorisation, et confisquer ouvertement les libertés politiques des Marocains du monde.

Les Marocains du monde : un levier national, pas un simple réservoir de devises

Les Marocains du monde en ont assez de ce regard réducteur qui limite leur valeur au volume des « transferts financiers » et au soutien des réserves de change du pays. Les Marocains du monde ont été, et demeurent :

  • un rempart solide pour la défense de l’intégrité territoriale et des intérêts stratégiques du Royaume ;
  • une artère essentielle du développement local, du transfert de compétences et de l’innovation scientifique et culturelle ;
  • un pilier de la cohésion et de la solidarité sociale dans les moments de crise.

Les Marocains du monde font partie intégrante du peuple marocain ; ils sont une composante structurelle du projet de société démocratique — et non une simple « communauté » bonne pour la consommation médiatique et les grandes occasions.

Dix-huit ans de gel et de rente : le Conseil de la communauté, une institution sans légitimité

Outre l’exclusion des urnes, l’adoption d’une nouvelle loi sur le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) traîne de manière suspecte, alors que l’institution entre dans sa dix-huitième année d’inactivité et de gel institutionnel.

  • Comment un pays qui respecte ses institutions peut-il laisser une instance consultative à l’abandon pendant près de deux décennies ?
  • Le plus grave est que cette institution, privée de toute légitimité représentative, continue d’épuiser d’importants budgets annuels approuvés par le Parlement, sans bilan tangible, en l’absence totale de mécanismes d’efficacité, de reddition de comptes et de contrôle démocratique.
  • Cette situation illustre l’une des pires formes de rente institutionnelle et de mépris envers l’intelligence des Marocains du monde.

L’exclusion politique : un tort fait aux générations montantes

Le maintien de cet interdit politique ne touche pas seulement la génération actuelle : il menace de rompre le lien qui unit les générations montantes à leur mère patrie.

Comment demander aux enfants des Marocains du monde de rester attachés à leur pays et de défendre ses causes, quand le système législatif leur oppose refus et exclusion, et traite leur identité nationale comme une appartenance incomplète ? L’ancrage de l’identité passe nécessairement par l’égalité, le partenariat et une représentation démocratique effective.

Notre message et nos revendications : le temps de l’attente est révolu

Sur la base de ce qui précède, le Conseil Civil Démocratique pour la Migration Marocaine déclare publiquement ce qui suit :

  1. Notre refus catégorique de faire de la résidence hors du territoire national un motif de privation et une sanction politique excluant des millions de Marocains de leur droit démocratique.
  2. L’abandon de la formule du vote par procuration, et la revendication d’un vote direct, effectif et électronique, à l’image de tous les pays qui respectent leurs citoyens de l’étranger.
  3. Le fait d’imputer au gouvernement et au Parlement l’entière responsabilité politique du blocage persistant de l’article 17 de la Constitution.
  4. Notre revendication de la dissolution immédiate et de la reddition de comptes complète de l’actuel Conseil de la communauté, et de l’adoption accélérée d’une nouvelle loi garantissant une représentativité démocratique, une gestion transparente, et rompant avec la logique des nominations de rente et des allégeances étroites.

Les Marocains du monde sont des citoyens à part entière, non des sujets mis en attente. La citoyenneté nous rassemble, et la participation est notre droit — nous l’arracherons par une lutte continue.

Conseil Civil Démocratique pour la Migration Marocaine Paris, le 12 septembre 2026


jisr.media a documenté d’autres facettes de ce dossier : le vote des Marocains du monde à l’épreuve des quatre scrutins de l’automne 2026, et le portrait des rares candidats MRE en lice le 23 septembre, dont Souad Frikech, tête de liste régionale de l’Alliance de gauche pour Rabat-Salé-Kénitra-Sidi Kacem.

Sujets :🗳️ Élections et gouvernement au Maroc🌍 Marocains du monde et diaspora
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