Législatives du 23 septembre : le CDH s’inquiète de présumées irrégularités
jisr.media a reçu un communiqué du Centre des droits humains en Amérique du Nord (CDH), dont le siège est à New York et qui a une section au Canada. Au lendemain des législatives marocaines du 23 septembre 2026, l’organisation dit s’inquiéter de plusieurs infractions présumées. Elle dénonce l’exclusion des Marocains du Monde du vote. Elle dénonce aussi l’accès inégal aux médias publics, les arrestations de militants de la Voie démocratique des travailleurs (Annahj) qui faisaient campagne pour le boycott, les salles publiques refusées à l’Alliance de la gauche, et des soupçons d’achat de votes rapportés en ligne. Le CDH réclame des enquêtes indépendantes et la libération des détenus d’opinion, dont les jeunes du Hirak du Rif et de la GenZ.
Nous publions ce communiqué tel quel. Pour les résultats et la participation réelle, voir notre analyse de l’après-scrutin. Les faits allégués engagent uniquement son auteur. jisr.media reste ouvert à toute réponse des parties concernées, autorités comprises.
Communiqué à l’opinion publique
Traduction de la rédaction de jisr.media — version originale en arabe
Le Centre des droits humains en Amérique du Nord a suivi avec une grande attention le déroulement des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026. Il a relevé des infractions et des pratiques contraires aux exigences d’intégrité, de transparence et de droit à la participation politique.
Au premier rang de ces infractions, le Centre note que la communauté marocaine à l’étranger reste privée de son droit à la participation politique et électorale. Pourtant, les responsables ont multiplié les discours et les promesses sur la mise en place des conditions juridiques et politiques qui lui permettraient d’exercer pleinement ses droits. En réalité, cette communauté est traitée avec une logique opportuniste. On la voit d’abord comme une source de transferts d’argent qui soutiennent l’économie et le budget du Maroc, sans lui accorder l’ensemble de ses droits politiques.
Le Centre relève aussi que les partis qui ont participé aux élections ont profité du financement, des ressources financières et des médias publics, même sous des formes différentes. À l’inverse, les partis et les groupes qui ont choisi de boycotter le scrutin ont été privés de ces moyens. Les médias publics ne leur ont pas été ouverts pour présenter leurs positions et expliquer les raisons de leur boycott. Or, cette ouverture aurait garanti la pluralité des opinions et le droit des citoyens à connaître toutes les positions.
Dans ce contexte, le Centre condamne le harcèlement, les arrestations et les différentes formes de pression subis par plusieurs militantes et militants du Parti de la Voie démocratique des travailleurs, à la suite de leur participation à la campagne de boycott des législatives dans diverses régions du Maroc. Le Centre estime que ces pratiques portent directement atteinte à la liberté d’expression et au droit à la participation politique sous toutes ses formes.
Au Centre des droits humains en Amérique du Nord, nous constatons avec une vive inquiétude ce que nous considérons comme une violation flagrante des droits constitutionnels, en particulier la liberté d’expression et le droit d’exercer une activité politique pacifique. Nous appelons au respect de ces droits et à la garantie de leur exercice, sans pression ni poursuites.
Nous condamnons également l’interdiction faite à l’Alliance de la gauche d’utiliser certaines salles publiques. Ces salles devraient être accessibles de façon égale à toutes les forces politiques, conformément à la loi et sans discrimination fondée sur leurs positions politiques.
Le Centre a aussi suivi, à travers plusieurs sites Web marocains et les réseaux sociaux, les soupçons et les allégations d’irrégularités électorales dans certaines villes et régions. Ces allégations concernent l’utilisation de l’argent, des interventions illégitimes et la complicité de certaines parties avec des pratiques de corruption électorale. Si ces faits étaient confirmés, ils porteraient gravement atteinte au principe d’intégrité et de transparence des élections. Ils exigeraient alors une enquête et l’établissement des responsabilités juridiques.
Le Centre rappelle que la vraie démocratie ne se limite pas à organiser des élections à intervalles réguliers. Elle exige le respect réel de la volonté des citoyens, la garantie des libertés publiques, une séparation effective des pouvoirs et l’obligation pour les responsables de rendre des comptes. Le Centre considère aussi que la démocratie est la condition essentielle d’un véritable climat de paix, de sécurité et de stabilité. Une stabilité durable ne se construit pas par l’interdiction et la pression. Elle se construit par la confiance entre l’État et la société, et en laissant toutes les voix s’exprimer librement et de façon responsable.
À la lumière de ce qui précède, le Centre rappelle que le respect des droits et des libertés politiques, l’égalité entre les forces politiques et l’intégrité du processus électoral sont des conditions essentielles de toute pratique démocratique réelle. Le Centre demande de mettre fin à toutes les formes de pression, d’interdiction et de discrimination. Il réclame la libération de tous les détenus d’opinion, parmi les jeunes du Hirak du Rif et de la génération Z. Il demande enfin l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les infractions et irrégularités signalées.
Le Bureau exécutif New York, le 24 septembre 2026







